Motifs du remaniement
Contrairement à ce que tente de faire croire le pouvoir OUATTARA, le présent remaniement répond à une exigence traditionnelle.
Sur le plan politique en effet, au sortir des élections législatives qui enregistrent le plus souvent la participation des ténors du pouvoir (ministres, Directeurs généraux…), le pouvoir procède à un remaniement afin de faire une sorte de rééquilibrage, au regard des résultats des législatives. Si cette option n’est qu’une faculté, les promesses électorales faites dans le cadre des alliances du RHDP, en font une exigence.
Du point de vue juridique, l’article 56 de la Constitution ivoirienne du 1er Août 2000 dispose : « les fonctions de membres du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout emploi et de toute activité professionnelle. Le parlementaire nommé membre du gouvernement ne peut siéger à l’assemblée nationale pendant la durée de ses fonctions ministérielles…. »Il s’agit donc d’une incompatibilité qui impose un remaniement car dans notre cas, certains membres du gouvernement ont été élus députés. Il faut soit pourvoir à leur remplacement, soit les reconduire et dans ce cas, ils ne seront pas habilités à siéger au parlement. Mais comme la mauvaise foi est un mets goulument partagé par la coalition au pouvoir, il a crée des postes de suppléants, chose que le PDCI RDA avait refusé sous le règne de la Refondation.
Au delà de ces considérations, notons que les ivoiriens attentifs savaient qu’il y aurait un remaniement avant la rentrée parlementaire de 2012. Dramane OUATTARA n’avait-il pas annoncé en janvier, les couleurs depuis Paris?
Le remaniement est donc un non événement car Dieu seul sait combien de remaniements notre pas a connu depuis 1960. Voici donc les motifs objectifs du remaniement. Rien de nouveau sous les cieux d’où la banalité de l’acte.
Cependant, ce remaniement pourrait être un véritable bouleversement de notre organisation sociale d’autant que OUATTARA a annoncé depuis Paris qu’il était venu faire « un simple rattrapage». C’est dire qu’il ya de fortes chances que dans le prochain gouvernement 40% des postes reviennent aux nordistes et les autres groupes ethniques se partageraient péniblement 60%. Croisons les doigts.
Par ailleurs, la campagne de communication autour de ce non-évènement semble avoir un objectif c’est-à-dire masquer la réalité effroyable que vivent les ivoiriens.
Quel est le malheur des ivoiriens?
Les ivoiriens ont eu le malheur d’avoir à la tête de l’Etat, un monsieur nommé Dramane OUATTARA, un homme dont le nom rime avec les mesures anti sociales, les licenciements, les privatisations, la précarité, la désolation, et j’en passe.
Depuis l’arrivée de ce pouvoir, la souffrance des ivoiriens n’a fait que prendre l’ascenseur. En effet dans tous les domaines, aucun sourire ne se lit sur le visage du bas peuple. Seuls les « en haut des en haut » qui végètent dans les sillages du pouvoir brandissent quelques sourires narquois. Le fait est que la pauvreté a pris du terrain et cela est tellement vrai que le ministre Mabri Toikeusse a reconnu qu’en Côte d’Ivoire « un habitant sur deux est pauvre. » Simple aveu où étalage de l’incompétence de ce pouvoir à offrir un mieux être aux ivoiriens? Nous pensons que le Ministre vient de traduire, malgré lui, ce que la masse pense de ce pouvoir, un pouvoir incompétent dont la seule prouesse réside dans l’appauvrissement des ivoiriens. Pour ne pas paraître démagogique, portons un regard sur la flambée des prix des produits de première nécessité. Par exemple 1kg riz oncle Sam est passé de 500 à 700 f cfa, 1kg de viande de bœuf, de 1800 à 2000, voir 2100. La boite de sardine est passée de 350 à 400 f. le sac de riz 50 kg (grande consommation) est vendu à 22 000 F. Ces quelques exemples doivent être grossis par les licenciements à la pelle. En moins d’un an de règne, le régime OUATTARA a licencié plus de personnes que GBAGBO l’a fait en 10 ans de gouvernance. Voyons quelques mesures anti sociales : Port Autonome d’Abidjan 305 agents licenciés (progressivement, 110 en CDD, 75 en CDI et 120) RTI: 322 (licenciement et congés techniques), Société Des Palaces de Cocody (SDPC) : 350, SICOGI : 39, AGEFOP : 32. Nous ne comptabiliseront pas les PME et PMI qui ont dû fermer boutique pour avoir tout tout perdu. La souffrance des ivoiriens ne s’arrête pas là. Il faut aussi compter avec les FRCI (perfection du MPCI) qui, non contente d’avoir tué, pillé et occupé les logements de certains pro-GBAGBO, s’adonnent à des représailles sur les populations. Lôpou, Vavoua, Bazré, Sikensi, Arrah, Bonon ont essuyé la colère de ces éléments appuyés par les dozos et des militants RDR aussi violents qu’assoiffés de sang.
Devons nous encore évoquer la situation des détenus politiques du régime? Sommes nous en droit d’évoquer la situation non enviable des exilés et réfugiés ? Pouvons-nous, sans nous lasser, parler du Président Laurent GBAGBO, prisonnier du pouvoir sarko-ouattariste? Oui et oui car toute la laideur de ce régime réside dans sa hardiesse à violer paisiblement les droits fondamentaux des citoyens, à politiser le droit en l’introduisant dans le grenier vert du RDR. Voici donc le visage hideux du régime OUATTARISTE. Un régime tellement laid qu’il a fini par effrayer l’état de droit qui a préférer aller s’aliter.
Notre démocratie est en danger, notre dernier sou nous est arraché par les prix qui flambent à tout bout de champ, le chômage est devenu un mode de vie, notre sécurité n’est pas garanti. Ce sont ces problèmes qui intéressent le citoyen moyen et non un remaniement qui n’est rien d’autre qu’un désir de satisfaire des alliés politiques. Lorsque dans un pays un simple remaniement devient un événement cela montre bien que le pouvoir n’a rien d’autre à proposer que la distraction. Les ivoiriens ont soif d’un mieux être.
Mais ce gouvernement réglera ces problèmes nous dira-t-on. Nous allons connaître une croissance à « trois chiffres », nous deviendront un pays émergent avec ce gouvernement. Nous avouons que ces promesses ne sont plus de saison car en 10 mois de règne ce pouvoir à étaler son incapacité à répondre aux attentes les plus primaires des populations. Alors que l’on ne nous serve plus ce « malade imaginaire » qui ne fait plus rire.
Baissons donc le rideau et arrêtons de « vuvuzeler ».
Alain BOUIKALO
JURISTE- CONSULTANT
Wed, 07 Mar 2012 10:40:00 +0100
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.