Epais dossier à décrypter
Me Altit a récemment pointé l’insuffisance de moyens alloués à son équipe pour mener un procès victorieux. En outre, il n’a eu de cesse de récuser la Cour qu’il estime incompétente à juger l’ancien numéro un ivoirien. L’avocat français a récemment pris conscience que la partie s’annonçait très ardue, en recevant le volumineux dossier du procureur d’environ onze mille pages. Aussitôt, il annonçait que l’équipe réduite à trois personnes, et comprenant Me Agathe Bahi Baroan, Natacha Fauveau Ivanovic et lui-même ne pourrait éplucher cet épais dossier dans le délai. Or l’audience de confirmation des charges est une étape cruciale de la procédure. La perdre, c’est presque anéantir les chances infimes de son client. En obtenant ce report, Me Altit et ses assistants ont un mois pour démonter pièce par pièce les preuves du procureur. L’avocat affirmait d’ailleurs qu’il produira à son tour des documents qui pourraient mettre ceux de l’accusation en difficulté. «Notre rôle est surtout de pointer les insuffisances du procureur, les faiblesses de l’enquête, les éléments documentaires… de façon à souligner que ces accusations elles-mêmes reposent sur du vent», a t-il expliqué dans une intervention vidéo-diffusée. Ce dernier avait tenté, en vain, d’obtenir un report de cette audience de confirmation des charges. Il argue que son client a reçu très peu de moyens pour sa défense.
Quatre charges contre Gbagbo
Selon Gilbert Biti, conseiller juridique principal à la Cour pénale internationale, l’audience de confirmation des charges est la dernière étape de la phase préliminaire de la procédure. Il s’agit d’une audience très courte qui est différente de celle d’un procès. Elle a pour objectif essentiel d’entendre le procureur qui présentera dans les détails ses preuves pour accabler l’accusé.
Selon des informations émanant du bureau du procureur, quatre principales charges ont été retenues contre l’ancien président ivoirien. Elles prennent en compte les événements qui se sont déroulés entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 en Côte d’Ivoire. Il s’agit de la marche des pro-Ouattara sur le siège de la Télévision ivoirienne du 16 décembre 2010 et sévèrement réprimée. On retrouve également la marche des femmes d’Abobo du 3 mars 2011 et qui aurait occasionné près de 7 morts. Le troisième fait est relatif au bombardement du marché d’Abobo le 17 mars de la même année. Les crimes commis le 12 avril à Yopougon bouclent cette liste. Ces quatre charges sont qualifiées de meurtres, viols et violences sexuelles, actes inhumains et persécutions. Selon des sources autorisées, l’accusation ne prévoit pas la comparution de témoins. Le procureur Ocampo s’appuie pour l’instant sur des preuves documentaires, des déclarations de témoins, des rapports d’ONG, des documents établis par le régime Gbagbo et des documents audio-visuels.
Karim Wally à Paris
In Le Patriote
Thu, 14 Jun 2012 04:58:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.