Mahé, 29 ans, avait été étouffé avec un sac plastique alors que, blessé par balle, il était transporté dans un blindé français.
Les militaires n`ont aucun doute sur le fait qu`il était un "coupeur de route", un bandit terrorisant les populations dans la "zone de confiance" qu`ils étaient chargés de surveiller, dans un pays coupé en deux par une guerre civile.
La famille de la victime, dont trois membres sont venus au procès en tant que partie civile, continue d`affirmer qu`il n`était pas un criminel, ce que les débats n`ont pas permis de trancher.
Parmi les accusés figure le colonel Eric Burgaud, 50 ans, qui a reconnu avoir transmis à ses hommes l`ordre implicite que Mahé n`arrive pas vivant à destination. Lui-même affirme avoir tenu cet ordre du général Henri Poncet, commandant de la force Licorne à l`époque, qui lui aurait dit: "roulez doucement… vous m`avez compris".
Mais le général, qui avait bénéficié d`un non-lieu durant l`enquête, a réaffirmé au procès qu`il n`avait pas prononcé cette phrase.
L`adjudant-chef Guy Raugel, 48 ans, a quant à lui reconnu avoir étouffé Mahé sur ordre du colonel Burgaud. Il n`a jamais varié dans ses déclarations, en déplorant que tous ses supérieurs n`aient pas assumé leurs responsabilités.
Les deux derniers accusés sont le brigadier-chef Johannes Schnier, 35 ans, qui maintenait Firmin Mahé, et le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, 32 ans, qui conduisait le véhicule.
Les débats ont tourné autour de la possibilité qu`avaient ces soldats de désobéir à un ordre illégal, dans le contexte d`une mission de maintien de la paix sans cadre juridique adapté. Les militaires ont rappelé qu`ils étaient excédés d`assister à des exactions et de voir leurs auteurs remis en liberté sitôt arrêtés.
L`avocat des parties civiles doit plaider à partir de 09H30. L`avocate générale, Annie Grenier, prononcera ensuite son réquisitoire, suivi des plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu vendredi.
AFP
"De sang froid"
Il s’agit d’un "meurtre commis de sang froid par des militaires", a estimé l’avocate générale, Annie Grenier.
"Il faut que les militaires prennent conscience qu’il s’agit de faits inadmissibles", a-t-elle ajouté.
La cour d’assises juge depuis dix jours les soldats de la force Licorne accusés du meurtre du civil ivoirien en 2005.
Même si l’avocate générale a demandé à la cour de reconnaître les militaires coupables, elle est resté loin des peines maximales possibles, trente ans de réclusion pour l’homicide volontaire.
Mahé était "dangereux"
L’avocate générale a rejeté la théorie d’une confusion d’identité qui aurait abouti à la mort d’un villageois innocent.
La magistrate a déclaré que Firmin Mahé était “un individu dangereux, un criminel", bien que sa famille, partie civile, continue de soutenir qu’il était un paisible citoyen.
Au cours du procès, le colonel Eric Burgaud a reconnu avoir transmis à ses hommes l’ordre que Mahé n’arrive pas vivant à destination, tout en affirmant avoir tenu cet ordre du général Henri Poncet, commandant de la force française Licorne en Côte d’Ivoire à l’époque, qui lui aurait dit: "Roulez doucement… vous m’avez compris".
Le général, qui a réaffirmé au procès n’avoir "jamais tenu ces propos", avait bénéficié d’un non-lieu durant l’enquête
Mahé, 29 ans, était considéré par les militaires français comme un "coupeur de route", un bandit terrorisant les populations dans la "zone de confiance" qu’ils étaient chargés de surveiller, dans un pays coupé en deux par une guerre civile.
bbc.co.uk
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