« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Réquisitoire au procès des militaires accusés du meurtre d`un Ivoirien

L`avocate générale prononce jeudi son réquisitoire au procès des quatre anciens militaires français de la force Licorne en Côte d`Ivoire jugés depuis le 27 novembre pour le meurtre en 2005 de l`Ivoirien Firmin Mahé, un crime passible de 30 ans de réclusion.

Mahé, 29 ans, avait été étouffé avec un sac plastique alors que, blessé par balle, il était transporté dans un blindé français.

Les militaires n`ont aucun doute sur le fait qu`il était un "coupeur de route", un bandit terrorisant les populations dans la "zone de confiance" qu`ils étaient chargés de surveiller, dans un pays coupé en deux par une guerre civile.

La famille de la victime, dont trois membres sont venus au procès en tant que partie civile, continue d`affirmer qu`il n`était pas un criminel, ce que les débats n`ont pas permis de trancher.

Parmi les accusés figure le colonel Eric Burgaud, 50 ans, qui a reconnu avoir transmis à ses hommes l`ordre implicite que Mahé n`arrive pas vivant à destination. Lui-même affirme avoir tenu cet ordre du général Henri Poncet, commandant de la force Licorne à l`époque, qui lui aurait dit: "roulez doucement… vous m`avez compris".

Mais le général, qui avait bénéficié d`un non-lieu durant l`enquête, a réaffirmé au procès qu`il n`avait pas prononcé cette phrase.

L`adjudant-chef Guy Raugel, 48 ans, a quant à lui reconnu avoir étouffé Mahé sur ordre du colonel Burgaud. Il n`a jamais varié dans ses déclarations, en déplorant que tous ses supérieurs n`aient pas assumé leurs responsabilités.

Les deux derniers accusés sont le brigadier-chef Johannes Schnier, 35 ans, qui maintenait Firmin Mahé, et le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, 32 ans, qui conduisait le véhicule.

Les débats ont tourné autour de la possibilité qu`avaient ces soldats de désobéir à un ordre illégal, dans le contexte d`une mission de maintien de la paix sans cadre juridique adapté. Les militaires ont rappelé qu`ils étaient excédés d`assister à des exactions et de voir leurs auteurs remis en liberté sitôt arrêtés.

L`avocat des parties civiles doit plaider à partir de 09H30. L`avocate générale, Annie Grenier, prononcera ensuite son réquisitoire, suivi des plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu vendredi.

AFP

Des peines de prison allant jusqu’à 5 ans ferme ont été requises jeudi à l’encontre des quatre anciens militaires français jugés à Paris pour le meurtre en 2005 du présumé criminel ivoirien Firmin Mahé.
L’avocate générale a demandé la sanction la plus lourde, 5 ans ferme, contre le colonel Eric Burgaud, qui a transmis l’ordre implicite de tuer Mahé.
Elle a requis 5 ans dont 3 ferme contre l’adjudant-chef Guy Raugel, qui l’a étouffé avec un sac plastique, 2 à 3 ans avec sursis contre le brigadier-chef Johannes Schnier qui le maintenait, et 6 mois avec sursis contre le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, qui conduisait le véhicule blindé où se sont déroulés les faits.
Le verdict est attendu vendredi.

"De sang froid"

Il s’agit d’un "meurtre commis de sang froid par des militaires", a estimé l’avocate générale, Annie Grenier.

"Il faut que les militaires prennent conscience qu’il s’agit de faits inadmissibles", a-t-elle ajouté.

La cour d’assises juge depuis dix jours les soldats de la force Licorne accusés du meurtre du civil ivoirien en 2005.

Même si l’avocate générale a demandé à la cour de reconnaître les militaires coupables, elle est resté loin des peines maximales possibles, trente ans de réclusion pour l’homicide volontaire.

Mahé était "dangereux"

L’avocate générale a rejeté la théorie d’une confusion d’identité qui aurait abouti à la mort d’un villageois innocent.

La magistrate a déclaré que Firmin Mahé était “un individu dangereux, un criminel", bien que sa famille, partie civile, continue de soutenir qu’il était un paisible citoyen.

Au cours du procès, le colonel Eric Burgaud a reconnu avoir transmis à ses hommes l’ordre que Mahé n’arrive pas vivant à destination, tout en affirmant avoir tenu cet ordre du général Henri Poncet, commandant de la force française Licorne en Côte d’Ivoire à l’époque, qui lui aurait dit: "Roulez doucement… vous m’avez compris".

Le général, qui a réaffirmé au procès n’avoir "jamais tenu ces propos", avait bénéficié d’un non-lieu durant l’enquête

Mahé, 29 ans, était considéré par les militaires français comme un "coupeur de route", un bandit terrorisant les populations dans la "zone de confiance" qu’ils étaient chargés de surveiller, dans un pays coupé en deux par une guerre civile.

bbc.co.uk

Thu, 06 Dec 2012 10:14:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

4 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.