Parions. Dominique Ouattara, après lecture de cet article, va-t-elle appeler l’éditeur de Jean-François Kahn, fondateur de l’hebdomadaire français de premier plan Marianne, pour se plaindre et faire pression, comme elle le fait habituellement quand des écrits publiés sur la place parisienne lui déplaisent ? Dans son dernier livre, tout simplement intitulé «Menteurs !», Kahn remet en cause le mythe fondateur de la victoire indiscutable de son époux Alassane à la présidentielle de 2010. C’est l’ami Grégory Protche, du Gri-Gri International, qui nous a mis la puce à l’oreille. Qu’a donc écrit ce cher JFK ? «Nous fîmes proprement passer le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire de la salle à manger à la cave, c’est-à-dire de son palais à la prison. Normal : il avait perdu les élections et ne voulait pas le reconnaître. Comme les présidents du Gabon, du Cameroun et du Togo, il est vrai. Mais dans ces cas précis, cela ne nous dérange pas outre mesure puisque ce sont des amis. Contrairement à ce Gbagbo qui, de toute façon ne nous revenait pas, et ne revenait presque à personne ni à droite ni à gauche. Ce pourquoi on put impunément le chasser manu militari de son palais et le livrer tout chaud à ses adversaires tout en prétendant que, non impliqués dans cette guerre civile, nous n’y étions pour rien. Le type n’étant pas médiatiquement en odeur de sainteté, le mensonge passa comme un Turc dans l’espace Schengen. Détail savoureux : les élections en République démocratique du Congo, qui virent la réélection de Joseph Kabila, furent jugées plus que louches. Pourquoi ? Parce que le vainqueur obtient 99% des suffrages pour 100% dans la province du Katanga. Or l’adversaire de Gbagbo, Alassane Ouattara, réalisa des cartons du même tonneau dans les régions qu’il contrôlait. Et cela ne dérangea personne.» Et pan !
In Le Nouveau Courrier