« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Salubrité urbaine/ Un an après l’opération ‘’Pays Propre’’ : Retour à la case départ

Il y a plus d’une année, les bulldozers parcouraient les communes d’Abidjan. Certaines villes de l’intérieur du pays entre autres Yamoussoukro, Bouaké, San-Pedro… étaient touchées par ladite opération. Il s’agissait de débarrasser les trottoirs, les bordures de routes, le dessus des caniveaux, les espaces publics des personnes qui les occupaient illégalement. On trouvait sur ces endroits, des maisons, des maquis, des magasins, des restaurants et des marchés sans oublier les ordures qui cohabitaient avec leurs populations. Durant plusieurs semaines, les bulldozers ont abattu un travail apprécié par plusieurs citoyens. Même la mythique rue princesse de Yopougon, n’a pas échappé à la furie des machines. Les vendeurs de véhicules d’occasion ont vu également leur site arraché, de même que certaines gares de taxis et de ‘’Gbakas’’. Aussi, les monticules d’ordures ont-elles été enlevées. Pour veiller au respect des limites à ne pas franchir, la ministre Anne Ouloto a mis en place une brigade de sécurité chargée de veiller sur tous les sites déguerpis. Cette démarche a été saluée par des milliers d’Ivoiriens, qui l’ont trouvé salutaire. Par ailleurs, d’autres ont décrié cette action qui selon eux allaient gonfler le nombre des chômeurs déjà élevés. Malheureusement, depuis un moment, le constat est plus qu’amer. De nombreux déguerpis sont revenus à leur place rendant à néant les gros efforts d’Anne Ouleto. Les abords des routes et trottoirs depuis Yopougon, en passant par Adjamé, Cocody, Marcory, Koumassi pour arriver à Port-Bouët sont de nouveau envahis comme pour la défier. Les commerçants et vendeurs sont présents avec leurs tables et leurs échoppes remplies de marchandises et parfois disposées à même le sol. Ces derniers jouent parfois au chat et la souris avec la brigade de la salubrité qui tentent tant bien que mal à se débarrasser de ces individus récalcitrants. A la vu de ces derniers, ils ramassent rapidement leurs marchandises et prennent la clef des champs. Même si certains sont rattrapés et dépossédés de leurs articles. Mais une fois qu’ils partent, les marchands reviennent s’installer créant ainsi un désordre qui indispose les usagers. Interrogé sur leur retour après avoir été déguerpis, Ouattara K. et M. S. ont annoncé : « ils ont détruit nos baraques et nous ont demandés de partir, mais ils ne nous ont pas recasés donc nous sommes obligés de revenir ici. Parce que c’est avec ce commerce que nous nourrissons nos familles et scolarisons nos enfants ». Un vendeur de téléphones portables Florent K. appelle le gouvernement au secours parce que son magasin a à l’instar de nombreux autres reçu la visite des bulldozers qui n’ont laissé que des tas de briques inutilisables. « J’ai quitté l’école en classe de 5ème et pour ne pas voler, j’ai décidé de me lancer dans la vente des téléphones portables. Aujourd’hui, je n’ai plus de magasin pour vendre. Je demande donc aux autorités, de se pencher sur nos cas parce que nous sommes nombreux, afin de trouver des endroits où nous recaser. Sinon nous ne pourront pas nous en sortir », a-t-il plaidé. En attendant, nombreux sont ceux qui jouent au chat et à la souris avec les services de la police municipale et avec les agents de la brigade de la salubrité urbaine. Ce, pour pouvoir mener leur activité quotidienne. Un appel est donc lancé à la ministre de la Salubrité urbaine, Anne Désirée Ouloto, pour qu’elle prenne des mesures urgentes en vue de débarrasser une fois pour toute, les commerçants des espaces non convenables à l’exercice de leurs activités. Et qui mettent à mal et anéantissent tous les efforts fournis. Par elle et son département afin d’embellir la ville d’Abidjan. Même si toutes les tentatives pour entrer en contact avec ses services et dans le but les stratégies qu’elle a mises en place pour débarrasser définitivement les trottoirs, sont restées sans suite.

MARIE PAULE KOFFI in Le Mandat

Fri, 05 Oct 2012 22:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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