« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Interviews

Séminaire sur la réconciliation avec les médias : Charles Konan Banny : « La réconciliation ne peut pas être un modèle imposé… »

La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (Cdvr) a organisé, les 14 et 15 décembre 2012, un séminaire sur son « mandat » et ses « missions », à l’attention des organisations des médias. En marge des travaux, le président de la Cdvr a livré sa réaction.

Notre Voie : Monsieur le Premier ministre, avez-vous enfin le sentiment que le processus avance véritablement ?
Charles Konan Banny : C’est le peuple qui doit le dire, pas moi. Je ne peux pas être juge et partie. Je suis un citoyen comme vous à la recherche de la paix. Mon objectif est d’aider les uns et les autres à y participer, et mon souhait est d’y parvenir le plutôt possible. Mais c’est aux Ivoiriens de dire si le processus avance. Vous pouvez les interroger.

N.V. : Avec les journalistes, ce n’est pas la première rencontre.
Qu’est-ce que vous attendez effectivement d’eux ?
C.K.B. : J’entends qu’ils donnent corps à leur engagement de participer au processus qui va ramener l’entente, la paix entre nous, dans le respect de nos différences. La presse est très importante dans un pays. Elle forme les opinions. Elle peut aussi créer des situations difficiles par ses prises de position. Mais je veux qu’elle soit une presse dédiée à la construction de la paix Et il y a des mots pour le faire, il y a des attitudes pour le faire et j’entends que chacun utilise ces mots et adopte ces attitudes.

N.V. : Vous notez une certaine prise de conscience de la part des journalistes. Qu’en est-il des politiques ?
C.K.B. : Non, j’ai dit que j’ai noté dans les discours que j’ai entendus que les responsables des organisations de la presse ont pris conscience et j’espère que c’est vrai. Mais il faut que cela se matérialise sur le terrain. Les politiques aussi d’ailleurs. Mais, dans la politique, il y a la lutte pour le pouvoir. Donc les mécanismes sont un peu plus compliqués. Mais les politiques aussi ont pris conscience. Je n’ai pas entendu un responsable politique rejeter la vision de la réconciliation.

N.V. : Mais il y a des préalables à la participation de certains politiques au processus…
C.K.B. : Ce ne sont pas des préalables, ce sont des préoccupations. Il faut toujours rester ouvert, écouter les uns et les autres. La réconciliation ne peut pas être un modèle imposé, ce n’est pas une innovation. Donc il faudra discuter, c’est pourquoi il y a le dialogue.

Propos recueillis par Armand Bohui in Notre Voie

Fri, 21 Dec 2012 23:36:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.