« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Si la CPI ne meurt si vite de sa politique de deux poids deux mesures…

Patriotes africains, réveillons-nous ! Plus nous dormons, plus les Forces de domination multiplient des pièges contre nous. Ce que fait la CPI (Cour Pénale Internationale) est abject et inadmissible. Nous verrons ici comment de tous les filets que l’occident impérialiste a tissés pour capturer, neutraliser et émasculer les autres peuples affaiblis du monde se trouve aujourd’hui la CPI.
Il me semble que c’est à tort que nous, Africains, souhaiterions voir tels ou tels Africains être traduits, condamnés et incarcérés à la CPI, quelle que soit la cruauté de leurs actes commis contre leurs peuples. Nous avons grand intérêt d’apprendre à comprendre la CPI. C’est un grand instrument dans la main des prédateurs internationaux, tout comme l’ai l’ONU.
Si nous regardons attentivement, nous verrons que l’immense majorité des personnes ciblées par la CPI sont celles-là qui ont refusé ou refusent de marcher selon la volonté des Maîtres du monde, qui refusent d’être leurs esclaves, qui refusent d’être aux services de leurs intérêts et préfèrent servir plutôt leurs propres populations, ou encore ceux qui leur nuisent irréversiblement. Ce n’est pas pour faire du bien à l’Afrique qu’on épingle ses fils.
Quelques exemples pris au hasard nous font comprendre que cet organisme est injuste, partial, corrompu, plein de contradictions et que ses mandats d’arrêt lancés et verdicts contre les Africains et les autres figures du monde sont dans l’ensemble de nature à se débarrasser de ceux qui sont gênants, de désorganiser des sociétés pour mieux s’y implanter et de décourager les luttes de libérations des peuples partout où de pareilles tentatives sont entreprises.
Nous savons que le Congo de Lumumba a connu des assauts militaires aveugles depuis plus d’une décennie venus des forces rwandaises et ougandaises, lesquelles attaques répétées ont fini par des massacres des Congolais à maintes reprises ; mais le monde occidental et la CPI n’ont interpelé ni Paul Kagamé ni Yoweri Museveni, pour la simple raison que les deux servent les intérêts des occidentaux au Congo.
Tout prêt au Congo Brazzaville, la CPI ne s’est jamais intéressée aux crimes de Sassou Nguesso contre son peuple, parce que ce dernier également reste un pion fidèle aux Français et bon protecteur de leurs intérêts. Par contre Laurent Gbagbo et la famille Kadhafi sont bons pour la CPI parce qu’ils ont bien voulu servir leur peuple au détriment des intérêts de l’occident. Elle préfère aussi s’attaquer à Béchir du Soudan qui depuis refuse le chantage et une soumission à la Moubarak.
Nous voyons aussi l’occident entretenir de douces relations avec les monarchies de l’Arabie Saoudite, du Qatar et autres, pays où les crimes contre les populations sont connues de tous, surtout à l’endroit des femmes. Nous avons aussi vu l’armée saoudienne intervenir chez son voisin, le Yémen, et massacrer des populations qui luttaient pour leurs libertés et la démocratie, sans que la CPI indexe les auteurs de l’agression.
Nous, Africains, n’allons pas demeurer dupes. La CPI ne peut avoir une certaine crédibilité et vivre longtemps que si les gens comme Nicolas Sarkozy (le plus belliqueux, maladroit et déséquilibré des présidents français), David Cameron, Tony Blair, Georges Bush, et dans une certaine mesure Barak Obama et les monarques d’Arabie Saoudite et du Qatar, sont conduits devant elle pour répondre de leurs crimes en Côte D’Ivoire, en Lybie, en Syrie, en Irak, Afghanistan, etc. Ce qui toutefois relève de chimère et s’avère même impossible. L’Afrique devra donc prendre des mesures appropriées.
J’insiste ici que ce serait une erreur historique de souhaiter ou d’encourager l’envoi d’autres criminels africains à la Haye. Si l’on me demandait demain s’il faut envoyer Paul Biya à la CPI pour répondre de ses crimes connus et non encore connus à présent, je dirais, Non. Si l’on me posait la même question concernant les autres Africains présentement soupçonnés de crimes graves contre leurs populations, je dirais encore, Non. Et j’ajouterais : « Faites-y entrer Sarkozy, Blair, Bush, et libérez Laurent Gbagbo, et là je prendrais la CPI au sérieux. »
Ceci ne veut pas dire que nous sommes fiers des criminels africains et les encourageons dans ce qui leur est reproché et qui est fondé. Ceci ne veut pas dire que les Africains doivent croiser les bras devant les crimes et atrocités des autres Africains contre leurs populations. Les Africains doivent repenser indépendamment l’Afrique avec de nouvelles institutions et un Tribunal africain crédible capable de juger ses propres délinquants ou criminels.
Devant les errements éhontés et la duplicité de la CPI et de l’occident, les Africains doivent montrer de la hâte à laver leurs humiliations par la mise sur pied des institutions sérieuses qui leur donnent plus d’indépendance et de fierté. Pour y arriver, il faut de plus en plus sur le continent africain des Mugabe et non des Biya et Obiang NGuema, des Julius Malema et Blé Goudé et non des Guillaume Soro.
Nous devons travailler à être fiers de nous-mêmes. Je me rappelle, dans le village africain où j’ai vu le jour, tout le village pouvait condamner son criminel et le châtier, sans jamais donner l’occasion au membre d’un autre village de participer au châtiment de son délinquant ou criminel ; je dis, jamais ! L’Afrique devra se préparer à opérer de cette façon ; l’Afrique ne doit pas laisser ses fils être jugés par d’autres pays. Patriotes africains, réveillons-nous !

Léon Tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.

Thu, 13 Sep 2012 22:45:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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