Je suis de près ce qui se passe en Afrique. Lorsque je me suis aperçu que l’explication occidentale n’était pas juste, j’ai voulu comprendre la vraie réalité de l’Afrique. C’est alors que j’ai découvert que les armes viennent de l’Occident et que les pays en guerre possédaient des ressources naturelles très importantes. Il fallait donc aller au delà de l’explication liée aux guerres tribales.Votre pays, la Côte d’ Ivoire, est très riche en ressources naturelles. Cependant, ce pays n’est pas libre : il n’a pas sa propre monnaie, les entreprises principales du pays appartiennent aux Français. On ferme les yeux sur l’assassinat des journalistes et des politiciens. Ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, c’est une violation des lois internationales. Je trouve encore bizarre qu’à La Haye, il n’y ait pas Soro et Ouattara. Les deux camps ont pourtant commis des actes de violence. Pourquoi maintient-on toujours Gbagbo en prison, s’il n’ y a pas de preuve?
Dans quelles conditions avez-vous fait ce film ?
Je l’ai fait dans un climat de terreur. En effet, c’est difficile de travailler lorsque les gens ont peur de témoigner. J’étais obligé de supprimer beaucoup de témoignages, vu que les témoins craignaient pour leur vie. Remarquez que pendant le tournage, il y avait toujours des hommes en armes qui nous entouraient.
Combien de temps avez-vous pris pour le tournage ?
Il y a eu trois semaines de tournage en 2012.
Pensez-vous qu’il y ait un lien entre ce film et la suspension de votre émission (C’era una Volta sur la RAI – ndlr) ?
Je sais que j’ai beaucoup dérangé par mes documentaires. Ça me rend heureux que plusieurs hommes puissants n’aiment pas mes programmes.
Qu’en est-il de la diffusion de votre film ? Sera t-il diffusé sur un média français ?
Le film bénéficie déjà d’une large diffusion.
Quelle stratégie de communication pouvez-vous conseiller pour la Résistance ?
Continuez les marches, les dénonciations, la vérité triomphe toujours.
Avez-vous rencontré des soucis liés à ce documentaire ? Si oui, lesquels ?
Des problèmes, j’en ai rencontré. Par exemple, j’ai reçu un appel de l’ambassade. L’ambassade voulait savoir qui avait financé ce film. J’ai répondu que je suis simplement journaliste, un petit griot amoureux de la vérité.
Quel est votre mot de fin ?
Les deux camps ont commis des actes de violence. Pour cela, il faut demander pardon aux Ivoiriens. Ensuite, battez-vous pour la liberté. Mais pas dans la violence. Car la violence n’a jamais rien résolu.
Propos recueillis et retranscrits par Aline Péhé
Correspondance particulière
Tue, 26 Nov 2013 12:58:00 +0100
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