De fait, les gouverneurs de la Banque africaine de développement ont décidé que la Bad reste à Tunis, pour encore trois ans. Selon Nkosana D. Moyo, "la banque a décidé qu’elle se donnait encore trois ans en Tunisie", où elle s’était installée provisoirement en 2003 en raison des troubles en Côte d`Ivoire, mais "peut à tout moment, au cours de cette période, retourner à Abidjan", a précisé M. Moyo, lors d’une conférence de presse à l’issue des Assemblées annuelles de la Banque. Le retour de la Bad dépendra du "rétablissement des conditions de sécurité acceptables" et de la "réhabilitation des bâtiments de la banque, endommagés", a-t-il ajouté. Selon notre source, la Côte d’Ivoire était à deux doigts d’obtenir ce retour dans un délai d’au moins six mois quand un coup de fil passé de Paris, est venu tout annuler. C’est qu’en Côte d’Ivoire, des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire ( Frci) ont fait une descente, récemment dans la région du Bas-Sassandra, où ils ont pillé une exploitation agro-industrielle appartenant à des Français. Ceux-ci ont été séquestrés avant d’être dépouillés de tous leurs biens. Après leur passage, l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire est immédiatement saisie, qui informe, à son tour le ministère des Affaires étrangères. Emoi et colère s’entremêlent à Paris. La devise de Nicolas Sarkozy, le président français, est connue. « On ne touche pas impunément aux cheveux d’un Français ». Le rapt, le 4 avril 2011 au Novotel Hôtel, suivi de la mort de Yves Lambelin ( Sifca) et Stéphane Frantz di Rippel, en compagnie d’un Béninois et d’un Malaisien, par un groupe armé, est encore présent dans les esprits à Paris. Un axe téléphonique va s’établir entre Paris, Abidjan et Lisbonne et la décision du report est tout de suite arrêtée…Abidjan doit être puni pour « son incapacité à tenir ses troupes ». Le Président Ouattara a accusé durement le coup, soutient notre source. Toujours, selon celle-ci, un chef de groupement tactique dont les éléments seraient mis en cause, a « été convoqué d’urgence à Ouagadougou » pour rencontrer le président du Faso. L’onde de choc est d’autant plus forte à Abidjan que le Premier ministre Guillaume Soro a entrepris, en compagnie du général Bakayoko Soumaïla, avant-hier, une tournée visant à « mettre de l’ordre dans les rangs des Frci ». Dans les prochains jours, des mesures énergiques devraient être prises, pour mettre hors d’état de nuire « toutes les brebis galeuses » qui, il faut le dire, sont en train d’écorner sérieusement, l’image du gouvernement Ouattara. Ce retour à Abidjan de la Banque africaine de développement aurait été une première grande victoire pour le président de la République Alassane Ouattara. Alors que ce retour était quasiment acquis, par la faute d’éléments incontrôlés des Frci, les autorités ivoiriennes devraient donc attendre encore 3 ans… Néanmoins, Mabri Toikeusse et sa délégation ne sont pas rentrés les mains vides. Les gouverneurs de la Bad ont décidé d’accorder à la Côte d`Ivoire une aide de 160 millions de dollars (111 millions d’Euros), consacrée à l’éducation, à la santé et aux infrastructures.
Cette aide devrait être suivie "d’ici la fin de l’année" d’un financement supplémentaire équivalent, a précisé le président de la Bad , Donald Kaberuka.
Armand B. DEPEYLA IN Soir Info
Tue, 14 Jun 2011 23:10:00 +0200
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