Sa présentation de la crise postélectorale, une dictature du faux
Le discours de Soro au parlement congolais a aussi porté sur le vainqueur des élections présidentielles de 2010. Laurent Gbagbo serait, à ses yeux, celui qui « n’a pas accepté le verdict des urnes et s’est arrogé, de façon arbitraire et unilatérale, le droit de se soumettre au verdict des urnes ». Faut-il en rire ? Voici un démocrate qui intègre la fraude, la violence, dans ses méthodes de conquête de pouvoir. Comme il le dit si bien, la «démocratie émerge de la force morale du compromis… ». Si cela est vrai quelle est la morale de la fraude électorale ? Devront-nous codifier la fraude pour le plaisir de ceux qui en font leur moyen d’accession au pouvoir? Comment pourrons-nous expliquer aux générations futures que dans un Etat, la voix des institutions est plus forte que celle d’un individu ? En Côte d’Ivoire, tous savons que lors des élections, le nord a été braqué par les rebelles de Soro Guillaume. La fraude a été telle que le logiciel de l’entreprise Sils, (entreprise chargée du décompte électronique) s’est vu obligé de rejeter des procès verbaux pour non-conformité. Par une extraordinaire opération du saint esprit, le nombre de votants s’est trouvé être supérieur au nombre d’inscrits. D’où les scores soviétiques obtenus par Ouattara dans ces zones. Par ailleurs différentes missions d’observateurs avaient noté des cas graves de violence dans la zone sous contrôle rebelle. Seul le camp Ouattara dit n’avoir pas entendu parler de fraudes au nord. Quoi de plus normal ! Si nous devons considérer que la fraude contribue à la prise du pouvoir, Ouattara a bel et bien gagné les élections. Mais comme cette donne est rejetée et le rôle de l’institution chargée du contentieux électoral est renforcé alors « la victoire » de Ouattara est l’expression de la dictature du faux. Quel est donc ce vainqueur qui fait proclamer ses résultats dans son quartier général (un hôtel), hors délai, par un individu agissant seul, face à des caméras étrangères… ? Ce coup d’état électoral a déclenché des violences. Pour Soro, « L’ancien Président est le seul responsable et coupable de la crise postélectorale et ses dramatiques conséquences pour les populations ». Il se comporte ainsi comme Fatou Bensouda appelée à charger Laurent Gbagbo et à aussi le considérer comme co-auteur direct et/ou indirect de crimes commis au Kenya. Il y a de la part de Soro, un profond désir de ne point se défaire de la dictature du faux. Comment peut-on logiquement considérer que la partie attaquée lors d’un conflit, est la seule responsable des crimes qui en ont résulté ? A considéré que Soro Guillaume soit dans le vrai, qui serait le responsable des crimes commis par les hommes de Ouattara ? En effet, le rapport de la Commission Nationale d’Enquête estime à 727 personnes, les victimes des hommes de Ouattara. A supposé qu’il se soit défait de la dictature du faux, qui serait le responsable et coupables de tous les fatwas lancés (depuis le golf) contre les institutions? Bref, n’allons pas plus loin pour comprendre que le dogmatisme dont parle Soro est bien cultivé par les défenseurs de Ouattara.
Son discours sur la xénophobie, une dictature du faux
Soro guillaume a salué de grands combattants qu’il met en opposition avec le Président Laurent Gbagbo. Par pudeur, il n’a pas osé pousser le pion loin pour dire qu’il ressemble à ceux dont le combat a été salué. Heureusement ! Si Laurent Gbagbo n’est pas Um Nyobé ou Lumumba, selon Soro c’est parce que Gbagbo voulait « expulser de son sol tous les étrangers.. » Gbagbo n’est donc pas un panafricaniste y compris « ces ivoiriens qui ont massacré le burkinabé et le malien.» Premièrement Soro se trompe de cible. A la vérité, le chasseur d’étrangers est bien Ouattara qui a instauré, lorsqu’il était à la primature, une carte de séjour. Soro peut-il nous dire que Ouattara entendait embrasser tous ceux qui ne détenaient pas leurs titres de séjour? Non. Il a fallu Laurent Gbagbo pour supprimer cette carte jugée injuste. En outre, sous Gbagbo, il n’a jamais existé un plan de rapatriement massif des étrangers vers leurs pays. Bien au contraire, la Côte d’Ivoire a tellement été bien accueillante qu’au plus fort de la crise ivoirienne, des étrangers affluaient vers les frontières ivoiriennes. Le seul plan de chasse aux étrangers existait dans les fantasmes des hommes de Ouattara au point où ils ont sollicité les services d’un sulfureux sociologue auteur de « Côte d’Ivoire poudrière identitaire ». Le fameux Benoît Schoer tombé dans l’oubli. Deuxièmement, Soro discrimine entre les victimes. La victime malienne ou burkinabé est-elle plus importante que la dépouille de Phillipe Rémond ou de monsieur tout le monde ? Lorsque Soro parle de « ses » victimes, il ne fait que rendre hommage à tous ces mercenaires maliens et burkinabés qui ont combattu pour Ouattara et dont certains ont intégré l’armée ivoirienne. Que viennent chercher ces burkinabés et maliens dans une crise ivoirienne ? La récente naturalisation massive de milliers de burkinabés répond à cette question essentielle. Ce discours sur la xénophobie, qui sonne totalement faux, vise à créer un désert autour de Gbagbo. Quelle tâche ! Le camp de Soro est dépassé par les soutiens que recueille le Président Gbagbo. Il pense ainsi réussir là où les puissants réseaux françafricains ont échoué. Ce que Soro oublie c’est que la mémoire collective l’a catalogué dans le registre de ceux qui déconstruisent l’Etat. Et au fur et à mesure qu’il accumule les médailles, il lui parait difficile de s’affranchir de la dictature du faux.
Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com
Thu, 21 Mar 2013 00:28:00 +0100
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