Guillaume Soro n’entend pas se retirer de la scène politique ivoirienne après avoir quitté la Primature. Tout en s’attelant à remplir son contrat de Premier ministre d’Alassane Ouattara, il se ménage une porte de sortie. Sa trouvaille: troquer ses habits d’ancien leader de rébellion contre ceux de chef de parti politique. Selon La Lettre du Continent du 17 juin dernier, le secrétaire général des Forces nouvelles ambitionne de donner forme à son projet de création d’un parti politique d’ici aux prochaines législatives, sous la bannière duquel lui et ses lieutenants comptent se présenter à ces élections. Le Premier ministre ne serait pas intéressé par l’idée de se fondre dans la coalition des Houphouétistes(Rhdp). Instruit par le parcours de certains chefs de rébellion, passés du maquis à l’arène politique, Guillaume Soro envisage de marcher dans leurs pas. Muer l’aile politique de la rébellion en une véritable formation politique à l’instar de l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) de l’Angolais Jonas Savimbi, du MLC (Mouvement pour la libération du Congo) du Congolais Jean-Pierre Bemba, du Mouvement de libération du peuple soudanais (Splm) du Soudanais John Garang, du National patriotic front of Liberia (Npfl) du Libérien Charles Taylor. Autant d’illustres prédécesseurs, reconvertis en acteurs politiques après la parenthèse de la rébellion, dont l’exemple pourrait inspirer Guillaume Soro. Le natif de Ferkessedougou entend être candidat chez lui aux prochaines législatives; histoire de demeurer sur la scène politique et surtout de se draper d’une immunité contre d’éventuelles intrigues judiciaires après la Primature. Comme lui, certains de ses proches se préparent eux aussi à la pêche aux postes de députés. On avance notamment les noms de l’avocate Affoussy Bamba, porte-parole de l’ex-rébellion, Alain Lobognon, ex-conseiller en communication et de l’ex-rébellion, aujourd’hui membre du gouvernement. La première pourrait être candidate dans une commune d’Abidjan quand le second se voit bien député chez lui à Fresco. Outre ces deux-là, d’autres fidèles de Soro comme Sidiki Konaté, ancien porte-parole des Forces nouvelles et actuel ministre dans le gouvernement, et Méité Sindou, actuel porte-parole de la Primature, comptent eux aussi se lancer dans les législatives. Konaté Sidiki, lui, veut se présenter à Man. Pour Guillaume Soro donc, les prochaines législatives revêtent un enjeu capital: elles sont un tremplin pour sa reconversion à la vie politique après près d’une décennie passée à la tête d’une rébellion.
Assane NIADA in L’Inter