« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Sous la pression de plus en plus forte des diplomates Alassane Ouattara reconnait les dérives de son Armée.

Alassane Ouattara, n’en peut plus de contenir les fortes pressions de la part de ses alliés d’hier. Il s’apprêterait, selon le site internet de Jeune Afrique, à «mettre au pas les Frci». C’est le confrère Jeune Afrique qui donne l’information. D’après des confidences que ce journal tient d’un « proche d’Alassane Ouattara », ce dernier s’apprêterait à «mettre au pas les Frci», les Forces républicaines de Côte d’Ivoire. «Depuis fin août, le président (ndlr : Alassane Ouattara) a été interpelé par les chancelleries occidentales et africaines sur les dérives des Frci, qui mettent en péril l’Etat de droit», écrit le journal sur son site internet. Jeune Afrique s’accorde à voir les «Violations de domiciles privés, arrestations arbitraires, passages à tabac ou détentions illégales dans les casernes se sont multipliées à un rythme effréné ces dernières semaines en Côte d’Ivoire». Et note que «le président Alassane Ouattara a donné des consignes fermes pour que cessent ces exactions, commises par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci)». Depuis le 11 avril date de l’arrestation du Président Laurent Gbagbo par l’armée française qui l’a remis aux ex-rebelles rebaptisées par Alassane Ouattara dès sa prise de pouvoir Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), le pays vit au rythme des violations des droits de l’Homme y compris les plus élémentaires. 14 mois après sa prise du pouvoir, c’est maintenant que Ouattara consentirait à lever le petit doigt, selon le journal parisien. Alassane Ouattara a «donné des instructions fermes en ce sens aux ministres en charge de la Défense et de la Sécurité, ainsi aux grands commandements. Et il a été très clair pour que cessent les notamment les détentions illégales dans les casernes ou les incursions dans les domiciles privés sans mandat», a confié à Jeune Afrique «un membre du gouvernement». Ces deux dernières semaines les journaux de l’opposition proches du Président Laurent Gbagbo ont abondamment publié des images de tortures des victimes réchappées en mettant l’accent sur les différents camps de concentrations et de tortures qui essaiment la Côte d’Ivoire, notamment Abidjan la capitale où sévissent les anciens commandants de l’ex-rébellion. Nommé patron de la «Police militaire » par Alassane Ouattara, l’ex-commandant de la zone de Séguéla, Koné Zakaria est le plus cité dans ces exactions et tortures sur fond de règlement de compte, de délations et de dénonciations calomnieuses. Mais selon ce journal cette décision du président du rdr «n’est pas étrangère à l’accentuation de la pression diplomatique sur le régime». «Le 6 septembre notamment, croit-il savoir, une délégation américaine conduite par l’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, s’est entretenue avec le président. Les questions bilatérales, les droits de l’Homme et le renforcement de la justice ivoirienne ont été au cœur des discussions». Ecrit encore ce journal. Qui décrit l’atmosphère d’insécurité qui règne en Côte d’Ivoire : «Prenant prétexte de la vague d’attaques qu’a connu le pays au cours de la première quinzaine du mois d’août, des éléments des Frci commandés par d’anciens chefs de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (Fn) se sont mis à faire la police et la justice eux-mêmes. Beaucoup de commandants continuent d’évoluer en électrons libres, échappant au contrôle de leur hiérarchie dirigée par le général Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major des Armées». Simple effet d’annonce ou doit-on attendre des actions coercitives de la part de l’homme fort d’Abidjan que l’opinion nationale et internationale attend toujours qu’il retrousse les manches pour enfin descendre sur le terrain afin de rappeler à l’ordre son armée essentiellement constituée d’ex-rebelles et des chasseurs traditionnels appelés aussi Dozos ? Rien n’est moins sûr. Cependant, force est de reconnaître que le pouvoir d’Abidjan subit, ces dernières semaines, de fortes pressions de la part des chancelleries occidentales qui lui ont apporté leur soutien dans la bataille décisive de la prise du pouvoir, en avril 2011. La question qui trottine dans les esprits est de savoir si Alassane Ouattara a le profil et les moyens de faire respecter ses «consignes fermes pour que cessent ces exactions, commises par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci)» ? Etant donné que ce sont les mêmes éléments de l’ex-rébellion des Forces nouvelles et les chasseurs traditionnels Dozos qui ont permis son avènement à la magistrature suprême d’un pays qu’ils ont dans un premier temps, mis en coupe réglée avant de piller les ressources de la moitié nord qu’ils ont occupée de septembre 2002 à novembre 2010, avant de descendre vers le sud où ils ont établi leurs méthodes d’extorsion de fonds, de pillages, d’exactions, d’expropriations et toutes autres violations des droits humains ? C’est au pied du mur que l’on voit le bon maçon dit l’adage populaire.

Gnakabi Vacouh in Le Temps

Thu, 13 Sep 2012 10:59:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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