« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Suite au rapport d’Amnesty International Le ministre Gnénéma s’enfonce dans l’intoxication et la comédie

Suite au rapport d’Amnesty international, qui dénonçait les tortures et les détentions illégales des pro-Gbagbo dans des camps militaires par le pouvoir Ouattara, le gouvernement ivoirien a indiqué, n’avoir rien vu d’illégal et de suspect. Plus d’une semaine après cette affirmation, c’est-a-dire le vendredi 2 novembre 2012, le ministre des Droits de l`Homme et des Libertés Publiques, Coulibaly Gnénéma Mamadou, son homologue de la Défense Hamed Bakayoko et le procureur militaire Ange Kessi, se sont rendus à Yopougon, à Adjamé et Abobo, pour visiter les 5 sites mis en cause par le rapport d’Amnesty International. Notamment le camp génie
d’Adjamé, le camp commando d’Abobo, la Bae, le camp du nouveau quartier (village de la liberté) et la brigade de gendarmerie des Toits rouges, dans la commune de Yopougon ont été visités. A l’issue de cette tournée, voici le constat du ministre des Droits de l’Homme. «Seulement 3 personnes détenues au camp génie d’Adjamé et qui ont confié n’avoir subi aucune tortue. À Abobo, personne dans les cellules. A la Bae, il n’y avait que ceux arrêtés après l’attaque d’Azito. Au Nouveau quartier, pas de cellule de détention et enfin à la gendarmerie des Toits rouges, seulement des prisonniers de droit commun qui y sont depuis jeudi». Tous ces détenus, selon le ministre Gnénéma, ont confié n’avoir pas été torturés, mais mieux, que leur lieux de détention sont réglementaires. «Mon collègue et moi plaisantions quand nous sommes sortis. On a dit mais ça c’est une suite 3 étoiles. Nous n’avons trouvé nulle part des personnes dans un état piteux qui solde les résultats de maltraitance et de torture qu’elles auraient subies», a ironisé Gnénéma Coulibaly. Et pourtant, Amnesty affirme avoir rencontré des dizaines de détenus qui ont été torturés à l’électricité, ou avaient subi des brûlures au plastique fondu. «Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l’électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d’entre eux ont été victimes de sévices sexuels. Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats», a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. Ces conclusions ont été confirmées par l’Onu. Pour qui Gnénéma Coulibaly prend-il les Ivoiriens. Croit-il que
l’on ne sait pas que les suppliciés ont été transférés des sites avant la visite de la délégation qui allait voir ce qu’elle voulait voir. Sinon, des indiscrétions affirment un grand «nettoyage» a été fait sur les lieux de détention avant la visite des pourfendeurs d’Amnesty International. De nombreux détenus ont été déportés en «résidence surveillées» dans des lieux secrets pour effacer les traces… C’est d’ailleurs ce qui explique que le ministre ait mis du temps avant de faire cette «visite surprise». Comme il n’existe pas de crime parfait, la mise en scène de Gnénéma Coulibaly n’a pas pris. Au lieu de disculper le gouvernement, il l’a enfoncé au contraire.
Car personne n’est dupe. C’est quotidiennement que les Frci basées sur ces sites incriminés commettent des exactions sans se cacher. Le comité central du Front populaire ivoirien a exprimé, le 13 octobre 2012, son ras-le-bol face aux dérives totalitaires du régime Ouattara, et dressé le bilan provisoire des exactions commises sur les partisans de Laurent Gbagbo, notamment «400 enlèvements, 360 à 380 arrestations et 4 personnes tuées à Abidjan. Du reste, la seule agglomération abidjanaise compte au moins douze (12) camps de tortures où croupissent des centaines de pro-Gbagbo». A côté de la réalité du terrain, le rapport d’Amnesty international, n’est que la partie émergée de l’iceberg. Toute chose qui contredit le ministre Gnénéma, qui est arrivé à Yopougon accompagné du procureur militaire, sans daigner faire un tour au siège du Fpi, devenu un camp de torture pour les Frci, et où croupissent en ce moment des pro-Gbagbo.

Fatime Souamée in LG Infos

Tue, 06 Nov 2012 10:03:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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