« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Tiassalé : Les Frci tabassent les populations de Boussoué

Lundi 29 août, les « sauveurs » de la Côte d’Ivoire se sont encore illustrés. Une bagarre entre deux jeunes gens de Boussoué, gros village situé dans le département de Tiassalé, allait servir de prétexte aux soldats d’Alassane Ouattara pour une expédition punitive contre les populations de la localité, faisant de nombreux blessés et des dégâts matériels.

De quoi s’agit-il ? Le dimanche 28, une affaire entre jeunes gens vire à la bagarre à quelques 200 m du corridor tenu par les Frci. Cette rixe attire une foule nombreuse de badauds qui ne manque pas d’attirer l’attention des soldats. Ces derniers, appuyés d’une patrouille en provenance de Sikensi, tentent d’y intervenir. Brutalement comme à leur habitude. Le motif était tout trouvé pour s’adonner à leur jeu favori : bastonnade, intimidation, séquestration… Ce à quoi s’opposent les jeunes. « Il n’y avait pas lieu de bastonner, d’arrêter des gens juste parce qu’ils se sont battus ! Ce sont des problèmes assez banals que nous pouvons régler ici au village. Nous en avons l’habitude», explique notre source.

Descendus de leurs véhicules, les soldats se mettent à distribuer de violents coups de matraque, coups de crosse et même de… machette, faisant de nombreux blessés parmi les badauds. Après ces échauffourées, l’on croyait que l’affaire était close. Mais c’était mal connaitre les hommes du Général Soumaïla Bakayoko. Le lendemain dimanche 29 août, une colonne de six 4×4 débarque à Boussoué. On se serait cru à la guerre : tirs nourris de sommation, course poursuite aux jeunes pour leur faire payer leur outrecuidance de la veille.

On déplore de nombreux blessés, des pertes de biens, des maisons détruites pour y dénicher les jeunes «rebelles». «Beaucoup se sont refugiés en brousse pour sauver leur peau», révèle notre informateur. Qui s’explique mal l’attitude des soldats qualifiés de «sauveurs». Après leur forfait, les Frci se retirent. Les jeunes revenus de leur cachette vont donner libre cours à leur colère, incendiant le corridor à l’entrée du village. Question pour eux de protester contre les innombrables corridors qui pullulent dans la région et leurs corollaires de rackets. Hier, le président du conseil général de Tiassalé, accompagné du député, se sont rendus à Boussoué pour s’enquérir de la situation.

In Le Nouveau courrier

Wed, 31 Aug 2011 20:41:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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