Rappelons d’entrée de jeu qu’en Avril-Mai 2005,le Togo avait connu une saison sombre, balafré par une crise qui a fait plus de 400 morts selon les chiffres des Nations-Unies,des milliers de blessés, des centaines de milliers de déplacements et d’exilés. Depuis, le spectre de violences hante l’âme des Togolais à la veille de toute compétition électorale. Cette crainte gagne d’intensité au présent, vue l’organisation quasi-chaotique du scrutin et toute l’acrimonie qui règne dans l’arène politique avec l’absence des reformes constitutionnelles et institutionnelles. Thucydide dans son Histoire de la Guerre de Péloponnèse, un récit d’une tragédie, a déclaré qu’il a vécu ce conflit dans toute sa durée, alors qu’il est en âge de comprendre les événements, et de les considérer de manière à dégager l’exacte vérité. En ce qui concerne les togolais qui ont vécu la catastrophe de 2005,l’idée la plus élémentaire est que c’est l’union qui a fait la force en 2005 et une forte mobilisation des masses qui avaient fait pousser l’armée non-républicaine étonnée et surprise à ouvrir le feu. Une union donc née par la coalition de six partis de l’opposition, non des moindres, pour la toute première fois de son histoire, dans le but de faire front commun contre le candidat du RPT, Faure Gnassingbé, cristallisant ainsi les convictions. La mort inespérée du Gal Eyadema avait trompé l’espoir des togolais qui croyaient, optimistes, que la mort du dictateur trépasserait son régime. Ainsi, quand il s’avérait que cette idée était une illusion, Faure reprenant le trône la même nuit, se retirant et se présentant aux élections, le peuple togolais s’était mobilisé d’avantage pour arracher une fois pour toute, une libération historique. Ils s’étaient donc jetés corps et âme dans la bataille. De l’autre coté, la peur gagnait aussi la camarilla du disparu car un système incarné par un seul homme pouvait s’effondrer si celui-ci venait mourrait. Ils étaient donc tenus de conserver le régime à tous les prix, même au prix d’une répression sanglante de toute contestation. Mais depuis dix ans maintenant beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le régime de Faure s’est consolidé et s’est forgé des racines de baobab. Il n’a plus peur! Dans les affaires mondiales, il s’est paré d’une bonne posture par le déploiement de contingents togolais sur des théâtres de conflits en Afrique, dans la lutte contre le virus d’Ebola et se déclarant prêt à lutter contre le terrorisme dans la sous-région. Des crédits sont donc réunis sur le plan international. Aussi doit-il tenir sa promesse faite en Juillet 2007 à Atakpamé en martelant aux populations, « plus jamais ca sur aucune portion de la terre de nos aïeux », faisant allusion à la crise de 2005. Par ailleurs, l’armée togolaise se doit de montrer qu’ elle est bon élève par l’application des leçons d’apaisement qu’elle recevait par des formations ou par son déploiement sur des théâtres de maintien de la paix.
En cette année 2015, voici que toute l’opposition togolaise s’est dissociée, et les convictions des populations dispersées. Il pourrait y avoir des violences si un opposant-candidat se déclare vainqueur sans le consentement du Président sortant et si ce candidat réussit à mobiliser une grande partie de la population pour sa cause. Mais voici qu’en cette année, par une logique brillamment démontrée, des poids de l’opposition togolaises se sont retirés du processus électoral en raison de l’absence des fameuses reformes. Pour le CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) , seules ces reformes peuvent occasionner des élections libres, démocratiques, équitables, et apaisées. Ces partis absentéistes se sont donc rétractés sur le boycott, conviant leurs militants et sympathisants et tout le peuple togolais à considérer l’absurdité d’une élection sans les reformes. Les populations togolaises dépourvues d’estomac par des vergognes de politiciens, ont paru comprendre leur idéologie. Presque dans la même logique, nous retrouvons, le front Tsoboé et aussi des Organisations de la Société Civile qui au départ ont soutenu à vive-voix l’ANC de Jean-Pierre Fabres,candidat de CAP 2015 au sein du Collectif Sauvons le Togo,CST .Elles ont faussé compagnie à Fabres car après d’âpres réflexions, ils n’ont pu comprendre le fait qu’il se présente comme candidat à la Présidentielle alors qu’il chantait à cor et à cri « Sans, réformes, pas d’élections ». Une bonne partie du peuple togolais restera donc bouché bée, regardant la suite en n’allant pas dans la rue.
Les Chancelleries et missions diplomatiques au Togo, par ailleurs sont sur le qui-vive et ont pas mal aidé le Togo à organiser des élections apaisées. Toutefois en cas de contestations, il est toujours difficile de penser que le pouvoir aura à donner des ordres aux militaires de « tirer sur tout ce qui bouge » dans les rues ou d’activer des milices, sachant que la Cour Pénale Internationale est aux aboies. Depuis 2007,la juridiction internationale a inculpé, toujours dans le contexte de crise post-électorale beaucoup de dirigeants africains comme les Kenyans Uhuru Kenyatta et William Ruto et l’Ivoirien Laurent Gbagbo en 2011.
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Sun, 26 Apr 2015 13:08:00 +0200
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