« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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TOGO: Pascal Bodjona retrouve sa famille

Après près de huit mois passés gratuitement dans les geôles de la gendarmerie nationale pour une affaire qui n’a ni de tête, ni de queue, l’ancien ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Pascal Akoussoulèlou Bodjona a recouvré sa liberté mardi soir.

Ses premiers mots ont été à l’endroit de ses avocats et de sa famille. « Je rends grâce à Dieu, je rends hommage à mon épouse, à mes avocats et à tous ceux qui m’ont soutenu dans ces douloureux moments d’épreuve » a déclaré l’ancien directeur de cabinet du président Faure.

Sur les conditions de sa libération, Pascal Bodjona a fait simple. « J’ai été gardé pendant huit mois sans motif, j’ai été libéré sans avoir payé un centime, je souhaite simplement que la procédure aille jusqu’au bout » a encore lancé l’ancien ministre.

Les prédateurs du droit au Togo ont donc compris qu’ils ne pouvaient pas prospérer dans cette entreprise inhumaine et indécente. Ils ont longtemps hésité vacillant sur plusieurs formules avant de se résoudre à lâcher le gros morceau qu’ils avaient toutes les peines du monde à avaler.
Le ministre Bodjona s’est dit serein attendant de pied ferme la suite de la procédure si nécessaire.

En rappel, Pascal Bodjona, alors ministre de l’administration territoriale avait été cité comme témoin dans une lugubre affaire d’escroquerie avec un sulfureux homme d’affaires arabe Abass El Youssef.

Entendu comme tel sous la foi du serment par le juge d’instruction au lendemain de son départ du gouvernement, le ministre Bodjona sera inculpé par la suite dans une deuxième procédure maladroitement initiée par Tchithcao Tchalim, le ministre de la justice.

Curieusement, Bodjona se retrouvait avait deux casquettes, celle d’un témoin sous la foi du serment et celle d’un inculpé sans qu’il n’ait reçu une seule charge qui pèserait contre sa personne.

Bloqués par cette forfaiture judiciaire, les fossoyeurs de la justice n’avaient plus d’issue que de renoncer à cette deuxième procédure entachée de toutes les immondices possibles.

Maintenant qu’ils se sont résolus à se rétracter par rapport à cette procédure, auront-ils le courage de renoncer totalement à ce plan lugubre qui consistait à démolir systématiquement le ministre Bodjona ? Rien n’est moins sûr, puisque l’on a en face des gens sans foi ni loi.
Mais dans tous les cas, le ministre Bodjona et ses avocats se disent « sereins » et « prêts » pour le combat en vue du triomphe de la vérité sur la délation et le mensonge.

LES PREMIERS MOTS DE PASCAL BODJONA A SA SORTIE DE PRISON

"Mes premières impressions vont tout à d’abord à Dieu, qui m’a donné la force, le courage et la santé de supporter ce qui me paraît impossible à supporter. Je sors d’une épreuve injuste mais qui m’a donné de me connaître et de connaître l’homme. En ces circonstances particulières pleines d’émotions, ma pensée va tout d’abord à ma courageuse et digne épouse, et à mes enfants… A tout le peuple togolais… A tous ces togolais et togolaises de toutes confessions religieuses, qui dans leur miséricorde infinie, ont prié… A vous les journalistes… Vous vous êtes battus… Certains n’avaient aucune raison de s’élever contre cette injustice flagrante, mais vous l’avez fait. D’autres qui devraient aux premiers rangs, ont parfois succombé à la tentation. Mais à vous tous, je dis merci ! Vous retrouvez en moi, votre ami d’hier.
A tous les acteurs politiques, à ceux d’entre les acteurs politiques, qui n’avaient aucune raison, de s’élever contre l’injustice dont je faisais l’objet, je leur dis, merci…" dixit Pascal Bodjona.

TOGO INFOS

Wed, 10 Apr 2013 13:50:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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