Kablan Duncan dont les propos sont repris par l’Agence France presse, s’exprimait en marge d`une réunion avec les bailleurs de fonds dans la capitale française. « Aucune décision n`a été prise » sur le cas Simone Gbagbo, a déclaré Daniel Kablan Duncan aux journalistes. « Nous avons pris acte de la demande de la Cpi. Le gouvernement va se pencher sur cette question et prendra la décision en temps opportun », a ajouté le Premier ministre. « Il faut qu`on ne se presse pas et qu`on laisse le temps au temps, que l`on voit toutes les conséquences avant de prendre une décision finale », a affirmé le successeur de Me Jeannot Kouadio-Ahoussou.
La sortie du Premier ministre intervient quelques jours après que le président Alassane Ouattara, au terme d’une tournée de 4 jours dans le district du zanzan, avait expliqué que le gouvernement aurait « le temps d’examiner la question (du transfèrement de Simone Gbagbo) et de se prononcer ».
La Cpi a rendu public fin novembre un mandat d`arrêt, émis en février 2011, contre Simone Gbagbo, la soupçonnant de crimes contre l`humanité commis pendant la crise post-électorale (déc. 2010- avr.11).
A Paris, Daniel Kablan Duncan a également été interrogé sur les accusations de tortures et d`exactions émises par des Ong et par l`Onu envers les forces républicaines de Côte d’Ivoire, les Frci. Le chef du gouvernement a signifié qu’« il n`y aurait pas d`impunité en Côte d`Ivoire, d`où que cela vienne ». « Une commission d`enquête a été mise en place et a abouti à des conclusions qui accusent des gens des deux camps…De grâce, attendez que la justice suive son cours », a déclaré Kablan Duncan. « On ne peut pas demander à la fois qu’il y ait un Etat de droit et que l`on bouscule la justice. La justice est indépendante, elle doit jouer son rôle, elle a la capacité de le faire », a avancé le Premier ministre.
Kisselminan COULIBALY in Soir info
A sa sortie, d’audience, le Président français, qui avait rendez-vous avec des hommes d’affaires japonais, ne s’est pas adressé à la presse. Ouattara s’est prêté à l’exercice. Voici les échanges qu’il a eus avec les journalistes :
Est-ce que vous allez livrer Simone Gbagbo à la CPI ?
Simone Gbagbo est dans de bonnes conditions en Côte d’Ivoire. Je pense que la CPI vient de lever les scellés. Par conséquent, le mandat d’arrêt est officiel et est connu de tous. Nous sommes en train d’examiner la question. Et, nous ferons connaître notre position dans les semaines et les mois qui viennent.
Est-ce qu’elle sera jugée en Côte d’Ivoire?
Elle peut être jugée en Côte d’Ivoire.
Quelle est votre appréciation des rapports de sur les droits de l’Homme en Côte d’Ivoire?
Nous apprécions toujours les rapports des ONG. Bien sûr, quelques fois, ce ne sont pas des rapports très objectifs ou très complets ou bien à jour. Mais, ce sont des recommandations dont nous tenons compte. La Côte d’Ivoire a la volonté de continuer d’être un Etat de droit et de renforcer l’Etat de droit. Nous respectons les droits humains.
Avez-vous évoqué la question malienne avec votre homologue français, François Hollande?
La question malienne est une question urgente. Nous sommes totalement en phase avec le Président, François Hollande, qui nous apporte son soutien. Mais, la question malienne est d’abord une question ouest africaine et nous sommes déterminés à mettre en place les structures dont nous avons parlé au récent sommet de la CEDEAO à Abuja. Il faut que le conseil de sécurité des Nations Unies adopte rapidement la résolution pour permettre une intervention au Mali. Pour nous, c’est une question qui est d’une très grande urgence.
Une intervention militaire?
Il faut bien sûr le dialogue politique mais une intervention militaire me paraît indispensable. Et, dans les meilleurs délais.
Vous croyez toujours à l’intervention militaire?
Les forces ouest africaines et africaines sont quasiment prêtes. Le nombre par pays a été arrêté ces jours-ci. Et, nous attendons la résolution des Nations Unies pour préparer nos forces si le dialogue politique n’aboutit pas.
Vous êtes à la réunion du Groupe de consultation sur le financement du Plan national de développement. Peut-on avoir un chiffrage après 24 heures?
Les choses se déroulent bien. Nous sommes venus boucler le financement du programme 2012-2015 pour les investissements publics et privés en Côte d’Ivoire. La première journée s’est très bien passée. Nous sommes optimistes. Nous pensons que les 17 milliards d’Euro qu’il nous faut pour cette période seront largement dépassés.
CS in Le Patriote
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