« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Troisième jour de l’audience de confirmation ou non des charges : les Ivoiriens abandonnent les bureaux

Même détenu à des milliers de kilomètres d’Abidjan, malgré les actions de diabolisation du régime Ouattara, le lien affectif entre le Président Gbagbo et le peuple de Côte d’Ivoire reste très fort ! A preuve, les trois premiers jours de l’audience de confirmation ou non des charges retenues contre lui, les Ivoiriens ont abandonné plutôt que prévu leurs bureaux et autres lieux de travail pour suivre la bataille juridique qui a lieu entre Fatou Bensouda et Me Emmanuel Altit à la Haye. Ainsi, le mardi 19 février, jour d’ouverture de cette audience, le Plateau était quasiment vide. D’habitude noires de monde qui va et vient, les rues de la vitrine d’Abidjan étaient vides. Le secteur des finances d’ordinaire bruyant était clairsemé. «Les gens sont allés à la maison, d’autres sont partis avec des connaissances dans des bureaux pour suivre le procès», a témoigné Yao K. Anatole, un vendeur ambulant qui a dit ne pas savoir où suivre cette audience. A la cité administrative où nous nous sommes retrouvés après la cité financière, l’on se croirait à la gare routière d’Adjamé deux jours avant la Pâques. Ceux qui ne pouvaient pas suivre le procès dans leurs bureaux, faute de téléviseurs, se dépêchaient de regagner leurs domiciles «pour ne rien rater de cette audience», comme nous l’a avoué une secrétaire à la tour D. Qui a reconnu avoir baratiné son patron pour se sauver de son poste. Des policiers de faction à la préfecture de police, qui n’ont pas eu la possibilité de suivre l’audience du premier jour, ont regretté être«coincés» par le service alors que leurs collègue «sont partis suivre la télé».
Le deuxième jour, vu que ‘’France 24’’ n’a pas retransmis en direct l’audience, les Ivoiriens ont pris d’assaut les cybers café en vue de suivre les débats sur le Net. Ils ont gardé le cap, le troisième jour en envahissant plus que le deuxième jour les cybers café qui ont fait recette. «Je ne peux pas manquer cette audience-là. Je veux voir de mes propres yeux comment Fatou Bensouda va défendre son dossier, ce qu’elle va dire pour convaincre les juges», nous a commenté Jean-Louis S., homme d’affaires. Qui s’est rendu dans un cyber café à Cocody, parce que son ordinateur portable est en réparation. Comme lui, de nombreux jeunes ont pris d’assaut, hier jeudi 21 février 2013, les cybers café à Abidjan, et même à l’intérieur du pays, selon des informations communiquées par des sources sur place à Agboville, Bouaké, Man, San Pedro, Abengourou, etc. pour suivre le troisième round de l’audience. On le voit, le cordon ombilical qui relie le plus célèbre prisonnier de la Cour pénale internationale à son peuple est loin d’être coupé. Aucun sacrifice, aucun risque n’est grand pour les Ivoiriens d’être un peu plus proche de Laurent Gbagbo. Vous avez dit le fils du pays !?

Barthélemy Téhin in LG INFOS

Fri, 22 Feb 2013 18:11:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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