Aux dernières élections présidentielles, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a fait mieux que se défendre dans la capitale du centre, qui était pourtant le bastion naturel de l’opposition d’alors composée majoritairement du PDCI et du RDR .
Ce sont entre 15% et 20% des suffrages exprimés que ce parti a pu recueillir, affichant ainsi une nette percée dans le fief de l’ex-rébellion. Ce d’autant plus que le parti des Refondateurs avait été interdit de toute activité dans cette localité anciennement sous contrôle de la rébellion. Un an après la chute du pouvoir de l’ex-président Laurent Gbagbo, que reste-t-il de ce parti dans la région du Gbêkê ? Le FPI a-t-il préservé ou perdu ses acquis ? M. Kouadio Blé Norbert, l’un des fédéraux du parti à la rose à Bouaké que nous avons rencontré hier lundi 7 mai, a fait l’état des lieux de son parti. « Le FPI n’est pas mort à Bouaké. Sur les six fédérations de Bouaké, il y a trois fédéraux qui sont actuellement là. Les autres, pour des raisons diverses, ne sont pas encore entrés à Bouaké et nous avons nommé des intérimaires. Nous nous attelons à attiser la flamme du militantisme de nos membres, qui ont été un peu secoués. Au niveau des structures, il y a eu quelques départs mais cela n’est pas inquiétant. Nos sections sont quasiment en place », a indiqué d’emblée le fédéral de Bouaké- Belleville. Si les différentes structures sont en place comme il l’a fait savoir, le fédéral Kouadio Blé Norbert a néanmoins souligné que la motivation des militants a baissé en intensité. Cela à cause des dérives observées pendant la crise post-électorale. « Nos militants ont du mal à s’afficher à cause de l’insécurité et de la peur engendrées par les atrocités au lendemain des dernières élections présidentielles », a-t-il révélé pour traduire le silence des militants et sympathisants du FPI dans la capitale du centre. A l’évidence, au dire de ce responsable du parti de Laurent Gbagbo, les militants du FPI demeurent rattachés à leur chapelle politique. Cependant, dressant toujours le tableau de son parti à Bouaké, un an après la perte du pouvoir d’Etat, Kouadio Blé Norbert a regretté les pertes subies. « A Bouaké, comme au plan national, nos sièges ont été pillés et à l’heure actuelle, nous n’avons pas de lieu de rencontre ni de matériel. Jusqu’au mois de juin, nous allons trouver un siège qui va servir de rassemblement, parce qu’en faisant les réunions par-ci par-là, d’aucuns penseront que nous sommes dans la clandestinité. Alors que le FPI est un parti qui compte dans l’arène politique en Côte d’Ivoire », a indiqué le fédéral Blé Norbert. Qui n’a par ailleurs pas manqué de révéler qu’avec la tenue de leur récente convention à Abidjan, leurs militants retrouveront un second souffle. En affichant un tel espoir quant à un retour gagnant du FPI à Bouaké, le fédéral de Bouaké-Belleville a fait savoir que plusieurs militants du PDCI et même du RDR ont commencé à frapper à la porte du parti à la rose, car gagnés par le désespoir à cause des promesses non tenues par l’actuel locataire du palais présidentiel ivoirien. « Nous sommes en contact avec des militants du RHDP et au moment opportun, ceux-ci vont faire des déclarations parce qu’ils ne peuvent plus supporter la cherté de la vie. Ils ont compris que tout ce qu’on disait de notre parti n’était que pure méchanceté parce qu’à l’épreuve du terrain, ils ont vu les limites de l’actuel pouvoir. Le FPI reste donc un parti fort à Bouaké et dans le cœur des Ivoiriens », a encore martelé le fédéral Blé pour témoigner de la vitalité de son parti. Et pour en donner la preuve, il a annoncé un grand meeting dans le courant du mois de juin. En somme, la crise post-électorale qui a fortement ébranlé le parti de Laurent Gbagbo, n’a affecté en rien ses acquis à Bouaké.
Francis N’Goran à Bouaké in L’inter