Le vendredi 23 novembre dernier, l’Onuci, à travers son département des droits de l’homme, s’indignait du peu d’intérêt que le gouvernement ivoirien semble visiblement porter à l’autopsie des corps de victimes du massacre de Nahibly découverts dans un puits à Duékoué et dont les résultats sont attendus depuis un mois. Il convient de rappeler qu’au mois d’octobre 2012, des corps ont été découverts dans un puits à Duékoué. Selon des témoignages concordants, ces corps seraient les restes d’autochtones Wê tués lors de l’attaque du camp de déplacés de Nahibly (Duékoué, Ouest du pays), le vendredi 20 juillet dernier. Et jetés à cet endroit par les Frci et les dozos. Des accusations que les tenants actuels du pouvoir avaient tenté de réfuter. Pour en avoir le cœur net, les organisations de défense des droits de l’Homme avaient exigé une autopsie des corps. Le gouvernement avait alors convoyé ces corps vers Abidjan en vue de l’autopsie. Curieusement, depuis un mois, plus rien. Aucune suite n’est donnée à l’autopsie. Le régime Ouattara se comporte même comme si cette affaire n’avait jamais existé. C’est cela qui justifie l’indignation de l’Onuci. En fait, l’indifférence du pouvoir ivoirien face aux souffrances du peuple Wê n’est pas un fait nouveau. C’est une constante chez le régime Ouattara. C’est le 28 mars 2011 que l’ex-rébellion armée pro-Ouattara a mis fin à la trêve avec les ex-Fds en attaquant sur tous les fronts. A Duékoué, les forces armées pro-Ouattara ont massacré des populations civiles. Officiellement, ce sont plus de 800 personnes qui ont été exterminées pour avoir voté pour Laurent Gbagbo. Ce génocide a été dénoncé par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme telles Amnesty International, Fidh, Human Rigths Watch. Cela n’a jamais préoccupé le régime Ouattara. Bien au contraire, les auteurs identifiés de ce génocide ont tous été décorés et promus au sein des Frci, la nouvelle armée mise sur pied par Alassane Ouattara. Assurés de ne pas être inquiétés, les Frci, les dozos et autres milices du pouvoir ont attaqué, le 20 juillet dernier, le camp des déplacés de Nahibly. Ils y ont fait nombreux morts sous le regard silencieux des soldats de l’Onuci. L’enquête promise par Alassane Ouattara n’a jamais été réalisée. Une façon de dire clairement à l’opinion internationale que l’impunité est érigée en valeur sous Ouattara.
Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr – NOTRE VOIE