L’agresseur – qui a envoyé son confrère à l’hôpital pour des douleurs costales et une légère blessure au visage – s’est livré à la police le 12 novembre en reconnaissant les faits. La justice civile va poursuivre en raison du dépôt de plainte qui n’a pas été retiré mais le diocèse de Nancy pourrait aussi régler cette affaire exceptionnelle dans le cadre du droit canonique, le droit interne de l’Église catholique.
Les faits se sont déroulés près du domicile de Père Geoffroy, à Dombasle, près de Nancy, le 9 novembre, alors qu’il rentrait chez lui après une réunion tardive. On lui a alors sauté dessus mais il s’est fortement débattu au point de réussir à enlever la cagoule de l’agresseur mais qui en avait une autre, sous la première, pour être certain de ne pas être reconnu. Aucun cri, seulement des coups: l’agressé a compris qu’on voulait lui infliger une correction mais sans signature mais en connaissant toutefois son emploi du temps, notamment le fait qu’il rentrait à ce moment là, d’une réunion tardive.
Friction personnelle de deux caractères
Sauf que l’agresseur y a perdu sa montre et que ce détail publié dans L’Est Républicain, le lundi 12 novembre, semble avoir joué un rôle dans la décision du père Jean-Marie Perrin de finalement se rendre à la police pour tout avouer.
Le mobile de cette agression ne vient pas, selon le diocèse de Nancy et Toul, interrogé par Le Figaro, d’une «querelle idéologique» mais de la friction personnelle de deux caractères car le Père Perrin, curé de Maixe pendant 30 ans, et remplacé, depuis peu, par le père Geoffroy tout en y assurant des services liturgiques, semblaient ne pas accepter la façon de faire de son successeur. «Il y avait des tensions entre nous» reconnaît le Père Geoffroy. «Il n’avait pas accepté la nomination de son successeur» ajoute-t-on au diocèse.
Autre facteur, toujours selon le diocèse, l’agresseur, atteint d’un cancer est «sous traitement». Il semble donc que cet acte de violence, greffé sur un caractère trempé et «assez rigide» confie-t-on, puisse s’expliquer aussi par une «fragilité due à la maladie très sérieuse».
C’est «grave» précise encore le diocèse mais «ce n’est pas non plus une affaire d’État. On lui donne trop d’importance. Il faut bien situer cet accident dans son contexte psychologique. Il aurait fallu un peu plus de temps pour que ces deux prêtres puissent parvenir à s’expliquer ensemble» insiste-t-on au diocèse. Mgr Jean-Louis Papin, actuellement en visite ad limina à Rome, convoquera le Père Perrin, dès son retour du Vatican, vendredi prochain.
lefigaro.fr
Tue, 20 Nov 2012 10:04:00 +0100
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