Maman Gbagbo est décédée à plus de 90 ans. En temps ordinaire, l’on dirait qu’elle a tiré naturellement sa révérence après avoir accompli la mission que Dieu lui a confiée sur la terre des hommes. La vieille Gado Marguerite a eu une vie bien remplie au cours de laquelle elle a donné naissance à un digne fils, Laurent Gbagbo, qui constitue une fierté nationale et un repère pour l’humanité dans sa quête de liberté, de démocratie et de dignité. Mais les conditions dans lesquelles la nonagénaire a vécu ces trois dernières obligent à pointer un regard accusateur vers le régime Ouattara. Depuis la fin de la guerre postélectorale, le pouvoir d’Abidjan a lancé sa machine de répression contre les pro-Gbagbo. La mère de l’ex chef de l’etat renversé a été contrainte à l’exil au Ghana pour échapper à cette folie meurtrière qui s’est emparée de la Côte d’Ivoire. Comme tous les exilés, maman Gbagbo a souffert des affres de l’exil. Coupée de son milieu naturel, la vieille ne pouvait pas bien se porter ni moralement et ni physiquement.
en plus les aspérités de la vie d’exil, la pauvre mère souffrait du sort injuste et inhumain réservé à son fils déporté à la Cpi par le régime Ouattara en complicité avec Nicolas Sarkozy.
La situation est surtout intenable pour une vieille de son âge. même la présence à ses côtés de sa fille Jeannette Koudou ne pouvait soulager sa peine de voir son fils dans les liens de la détention. Maman Gbagbo est sans nul doute une autre grosse victime de la méchanceté du régime ouattara qui depuis plus de trois ans mène une guerre sans merci contre le président Gbagbo et ses partisans. A quoi pouvait bien s’attendre le pouvoir d’Abidjan quand il transfère l’ex-chef de l’etat à la Cpi, maintient les pro- Gbagbo en prison depuis plus de trois ans sans jugement et entretient un environnement de terreur non favorable au retour des exilés ? L’objectif visé par le régime est clair. Il faut tuer à petit feu tout Gbagbo et ses partisans. Et le décès de la mère de l’ex-chef de l’État apparait comme une des conséquences dramatiques de ce jeu macabre qui se joue en Côte depuis la fin de la guerre post-électorale sous le regard coupable de la communauté internationale.
Jean Khalil Sella
In Notre Voie