Paris, le 14 juillet 2011 – Le Premier ministre français M. François Fillon, en visite à Abidjan du 14 au 15 juillet 2011, ne doit pas ignorer les prisonniers du régime répressif de M. Alassane Ouattara – qui se livre à des violations massives des droits humains sur fond d’épuration ethnique et politique.
Depuis le 11 avril 2011, date de l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, une soixantaine de personnalités politiques, civiles et militaires restent arbitrairement détenues par M. Ouattara au mépris du droit.
Le Gouvernement français, qui a installé M. Ouattara à la tête de l’Etat ivoirien, ne peut pas s’exonérer de sa responsabilité dans la situation actuelle. Il ne peut fermer les yeux sur les tortures et humiliations infligées à ces otages déportés dans les villes de Korhogo, Odienné, Bouna, Boundiali et Katiola, fiefs de M. Ouattara.
Le Gouvernement de M. Fillon doit notamment peser de tout son poids pour obtenir la libération immédiate de M. Michel Gbagbo, qui jouit de la double nationalité française et ivoirienne. Sa détention est purement et simplement arbiraire. La passivité des autorités françaises sur ce dossier est préoccupante.
Dans le climat de répression et de graves dérives dictatoriales du régime de M. Ouattara, il faut craindre que la signature de contrats commerciaux et la révision de l’accord de défense franco-ivoirien relèguent au second plan les droits humains. Le Gouvernement français ne doit pas sacrifier la vie des prisonniers de M. Ouattara sur l’autel de ses intérêts économiques et militaires.
Toussaint ALAIN
Conseiller du Président GBAGBO
Thu, 14 Jul 2011 10:34:00 +0200