Ils veulent dépolitiser, avec des actes politiques. Voyez-vous ces messieurs ont une autre conception de la dépolitisation. En effet pour eux, dépolitiser c’est faire passer les universités sous leur autorité. C’est ainsi qu’ils se sont partagés les universités de Cocody et Bouaké. L’une devenant Université Félix Houphouët Boigny et l’autre, Université Alassane Ouattara. Félix Houphouët Boigny devient pratiquement le propriétaire de la Côte d’Ivoire : Aéroport international Félix Houphouët Boigny, stade Félix Houphouët Boigny, Institut National Polytechnique Félix Houphouët Boigny, Hôpital Houphouët Boigny d’Abobo, Pont Félix Houphouët Boigny Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. Alassane Ouattara lui, commence son ère. Pour avoir rendu d’innombrables services à la Côte d’Ivoire, la nation hautement reconnaissante a attaché son nom à l’université de Bouaké, détruite par dix années de rébellion menée par les hommes de Guillaume Soro.
A l’université de Cocody, vous verrez ce grand luminaire faisant défiler les images du père de la nation comme l’image de Mobutu dans les nuages. C’est aussi cela la dépolitisation ! Mais allons plus loin pour comprendre que les guides du déclin ivoirien font de la pure diversion. Voyez-vous, vous avez à la tête de l’illustre université Félix Houphouet Boigny, Dame Ly Ramata. Comment a-t-elle atterri là ? Ils nous dirons qu’elle a été vice-présidente sous Ohouo Assepo, sous Téa Gokou, donc compétente. Mais au nom de quelle logique peut-on nommer une dame battue à plate couture lors d’élections régulière remportée par le Professeur Aké N’Gbo? Pourquoi l’on s’est précipité à la nommer ? Les dépolitiseurs ont certainement une réponse à cette interrogation. En attendant d’être éclairés, mettons le cap sur une autre dépolitisation. Oooh Seigneur, c’est pratiquement les larmes aux yeux que nous avons appris qu’une certaine Mawa Zomko ou Zongo Mawa est l’actuelle porte-parole des étudiants de Côte d’Ivoire. Zomko ou Zongo ! Mais d’où sort cette demoiselle ? Par quelle magie s’est-elle retrouvée à la tête d’étudiants qui eux-mêmes n’ont pas manqué de s’interroger. Qui a élu cette demoiselle ? A tout le moins quels sont ces étudiants qui lors d’une assemblée ont vu en elle, une Rosa Park ? Elle aussi parle de responsabilisation donc de dépolitisation. C’est ainsi qu’ils veulent dépolitiser les universités. Ils choisissent leurs amis, leurs noueurs de lacets et comme des robots, les élus récitent la leçon. Comme on le voit, ces dépolitiseurs sont tous abonnés au tribalisme. Ce sont les mêmes serait-on tenté de dire. Dans cette opération de dépolitisation, une seule chose a été un succès. En effet, ils ont intelligemment mis l’université sous le couvert des guides au pouvoir. Désormais, Cissé parlera au nom de Dramane. Ramata parlera au nom de Cissé. Zomko (Zongo) parlera au nom de Ramata. Et tous parleront au nom du grand parti tribal arborant une case verte. C’est aussi cela la dépolitisation. La dépolitisation se trouve aussi dans la campagne médiatique menée autour de la réhabilitation des universités ivoiriennes. Notre souvenir nous renvoie à la cérémonie au cours de laquelle Lumumba fut présenté comme un héros national. Ce qui frappe c’est que Lumumba a été élevé au grade d’héros national par celui qui a offert sa défunte âme aux impérialistes. En Côte d’Ivoire ceux qui ont politisé, détruit, pollué nos universités, sont curieusement ceux là qui viennent se révéler au monde comme des sauveurs, des amis des étudiants qu’ils ont hier méprisé. Ceux qui, pour des ambitions personnelles ont introduit des Zébié Thierry, des machettes, des gourdins à l’université, veulent devenir des agneaux. Le monde est vraiment bizarre !
Ils parlent de dépolitisation à l’université. C’est bien. Mais pendant ce temps pensent-ils à dépolitiser la justice ivoirienne ? Quelle est donc cette justice qui répond aux appels des guides au pouvoir ? Quelle est donc cette justice qui se révèle impitoyable pour un camp et offre une sérénade au camp du pouvoir ? Soro avait fait la promotion de l’éradication du FPI, Joel N’Guessan avait annoncé qu’il fallait punir le FPI et le juge a écouté leurs conseils. Il a donc puni le FPI en condamnant son Secrétaire Général Laurent Akoun à six ans de prison ferme. Akoun Laurent va rejoindre en prison les nombreux pro-Gbagbo. Il n’y trouvera ni Soumahoro, ni Ali, encore moins Boukari. Il cherchera certainement un certain Amadé. C’est en vain qu’il le fera parce que la justice ivoirienne a décerné des fleurs à ce dernier. N’a-t-on pas entendu dire que les Frci sont des sauveurs ? Il a même été conseillé à ceux qui n’aiment pas les Frci de quitter purement et simplement la Côte d’Ivoire. Alors qu’est-ce qui étonnera Akoun Laurent ? Rien. A quand donc la dépolitisation de la justice ? Pas pour demain. La justice doit continuer parce qu’elle n’a pas encore son Zomko (Zongo). Lorsqu’elle aura son Zomko, elle tentera certainement de mettre la main sur Soro, Soumahoro, Amadé, Morou et tous les autres qui dorment, mangent, se douchent avec les juges ivoiriens. Vous avez dit dépolitisation ?
Que Dieu nous soutienne.
Alain Bouikalo
Fri, 07 Sep 2012 20:23:00 +0200
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