« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Vu les résultats du Bac, faut-il vraiment ouvrir l’université « Alassane Ouattara » à Bouaké ?

Le chef de l’Etat Alassane Ouattara vient de changer le nom de toutes les universités de Côte d’Ivoire avec en prime l’université de Bouaké qui devient désormais l’université Alassane Ouattara. En effet, c’est à l’issue des deux conseils des ministres – fait inhabituel – qui se sont tenus ce mercredi 8 août 2012 au palais présidentiel au Plateau de 10 heures à 16 heures que le porte-parole du gouvernement a annoncé ces changements de dénomination des universités publiques. Ainsi, l’université de Cocody s’appellera l’université Félix Houphouët-Boigny. L’université de Bouaké change de dénomination. Et s’appellera l’université Alassane Ouattara.
Abobo-Adjamé portera le nom de Nangui-Abrogoua. Les Unités de recherches de l’enseignement supérieures (Ures) de Daloa et de Korhogo sont érigées en universités et portent également les noms de personnalités. L’Ures de Daloa devient université Jean Lorougnon Guédé et l’Ures de Korhogo va s’appeler université Péléforo Gon Coulibaly. « Nous sommes dans une nouvelle dynamique en ce qui concerne l’école de façon générale en Côte d’Ivoire, et il faut donner des signaux, des signaux qui montrent que nous sommes pleinement dans cette nouvelle dynamique », s’est justifié Koné Bruno. Aussi, les frais d’inscription dans les universités dont l’augmentation avait déclenché il y a peu une levée de boucliers tous azimuts n’ont pas été ramenés à leur proportion initiale. « Le tarif de 100 000 francs proposé par les présidents d’université va être appliqué dans 3 ans. L’Etat prend en charge dès cette année 70% de ce montant. L’Etat prend donc en charge 70 000 francs sur ces 100 000 francs et les étudiants n’auront à payer que les 30 000 francs. Et ça, je parle du montant relatif à la première année. Pour les autres, les détails vous seront communiqués dans les prochains jours par le ministère de l’Enseignement supérieur », a expliqué le porte-parole du gouvernement.
(On résume : des frais universitaires qui explosent, mais étalés sur trois ans et pris en charge par l’État, pour accéder, après deux ans de fermeture de ces mêmes universités, par trouille d’une jeunesse décrétée dangereuse car pro-Gbagbo, à des établissements qui, à Bouaké, par exemple, seront les symboles vivants d’une dérive narcissique importante à la tête de l’exécutif… ce qu’ailleurs on nommerait sans hésiter le "culte de la personnalité".)
(Seul aspect positif de la situation actuelle de l’université ivoirienne : au regard des résultats des lycéens au Baccalauréat, la question du nombre de places ne devrait pas être soulevée.)

Des résultats toujours pas fameux

Les résultats du Baccalauréat session 2012 ont été publiés hier mercredi 8 août 2012. Le taux de réussite en Côte d’Ivoire cette année est de 25,27%, soit 74,73% d’échec. Ce qui donne un chiffre de 51.600 candidats admis sur un total de 204.362 élèves qui frappaient à la porte des universités et grandes écoles. Ces résultats médiocres sont tout de même en hausse par rapport à
ceux de l’année dernière où l’on a enregistré 20,59% d’admis. On se souvient que le ministre de l’Education nationale Kandia Camara avait déclaré que les résultats devraient être meilleurs cette année parce que la rentrée s’est déroulée sans perturbation et que les programmes ont été achevés. A l’arrivée, pas grand-chose !

Dessin – Ezzat Texte – Anderson Diédri (& le Gri-Gri International)

In legrigriinternational.com

Tue, 14 Aug 2012 21:08:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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