« Toutes mes valises ont été systématiquement fouillées. Et au lieu de les faire passer par des appareils électroniques comme d’habitude, ils ont fait des fouilles manuelles. Ils ont tout enlevé, bâtons de manioc, pistache, légumes, fruits, ainsi que le poisson fumé. Après le tri complet, ils ont pesé tous les sacs afin de signifier le montant de l’amende en fonction de ce qui a été récupéré. J’ai reçu une amende 320 euros » raconte Jean Jacques, passager d’un vol de Camair co en octobre. « Ce jour-là, la douane était assistée d’un service vétérinaire qui spécifiait le type de viande : Viande de brousse, animaux protégés… Afin de fixer l’amende » ajoute un autre client. « Le pire est le temps qu’on a passé dans l’aéroport après avoir récupéré nos bagages. J’ai retiré mes valises à 8H et à 10H 20 quand la douane m’a libéré, il y avait des gens derrière moi dont les valises n’avaient pas encore été fouillées » raconte Jean Jacques. La nouvelle s’est répandue sur la toile et permet de recueillir d’autres témoignages: « les douanes françaises fouillent tout le monde et récupèrent toutes les vivres frais ou pas. En plus de confisquer vos bobolos et pâte d’arachide, vous payez une amende variant entre 300 et 1000 euros» raconte Alex S. présent à une arrivée de vol à Charles de Gaulle.
« Hier à ma grande désolation, j’ai pu constater à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, la mine défaite de nombreux compatriotes en provenance du Cameroun par le biais de Camair Co (…) Il se trouve qu’hier matin, les contrôles de la douane française n’ont loupé aucun passager du vol Camair-Co car les agents de douane ont contrôlé l’ensemble des valises des passagers même les hôtesses de l’air et stewards y sont passés et je peux vous dire qu’il y avait de quoi nourrir tout un régiment » raconte Annette M. sur facebook. Pelagie elle, a été avisée avant son départ pour le Cameroun : « On nous a informé à l’aéroport qu’au retour du Cameroun, il ne nous faudra qu’un kilo de vivres frais, sinon, on devra payer les amendes ». Le Représentant Légal et des ventes de la compagnie à Paris, Jacques Mbazomo, a reçu de nombreux retours de cet ordre: « Nous avons reçu de nombreux appels et mails des compatriotes qui se plaignent de cette situation. Le pire c’est les amendes graves qu’ont reçu certains voyageurs ».
Pour trouver une solution, Jacques Mbazomo s’est rapproché des autorités douanières aéroportuaires. Il déclare à ce propos : « En compagnie du chef d’escale et de son adjoint, nous avons eu une réunion avec des hauts responsables des douanes à Roissy pour décrier l’acharnement vis à vis des clients de notre compagnie. Car nous avons eu le temps de constater que ces fouilles étaient orientées et se faisaient à l’arrivée de nos vols uniquement ». En ce qui concerne les griefs reprochés à Camair Co, il poursuit en disant : « Au cours de cette réunion, on nous a signifié que les bagages étaient mal emballés. Ils nous ont donné une liste des produits interdits et nous avons demandé une période de tolérance pour informer les autorités locales dont l’ambassade du Cameroun à Paris et trouver le moyen d’informer nos clients. Ce seuil était fixé au 1er décembre 2012, malheureusement le délai n’a pas été respecté et la fouille s’est accrue de façon sauvage, agressive et barbare». Marthe est arrivée du Cameroun hier 08 novembre. Elle nous raconte : « Au Cameroun les bruits couraient, mais je ne pouvais pas croire qu’on nous traite comme des moins que rien comme ça été le cas aujourd’hui à l’aéroport. Le pire c’est que je suis commerçante et il y a un mois, j’ai pris Camair Co, mais je n’ai eu aucun problème avec les vivres frais. Je n’avais même pas été fouillée ».
Le service des douanes de Paris Charles de Gaulle parle de nouvelle réglementation. Contacté, le service d’information et de communication de la direction générale des Douanes et droits indirects explique que la mesure s’applique sur tous les bagages des vols en provenance d’un pays cible et répond à une opération globale. Elle rappelle que tout passager en partance, en provenance ou en transit dans un aéroport peut faire l’objet d’une fouille d’une partie ou de l’ensemble de ses bagages. Le service se refuse à qualifier ou à préciser si le cas sus cité correspond justement à une opération globale des douanes et rappelle que ce ne sont pas les compagnies aériennes qui intéressent les douaniers, mais les pays. Par ailleurs, ce service, habilité à répondre aux journalistes refusent d’informer de la durée d’une telle opération car « c’est une information stratégique ». Ce service rappelle par ailleurs que les vivres frais qui entrent dans le territoire français doivent faire l’objet d’un conditionnement de qualité. Ce qui n’est pas toujours le cas.
Par Ingrid Alice Ngounou d’Halluin
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Sun, 18 Nov 2012 14:01:00 +0100
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