La situation sociopolitique à Bonoua devient de plus en plus préoccupante. Depuis hier vendredi, la violence a atteint son paroxysme dans la ville au point où Bonoua était sous haute tension. Plusieurs cars de transport d’une compagnie et bien d’autres véhicules ont été incendiés par des manifestants en colère. Si le bilan final n’est pas encore été établi, l’on dénombre pour l’instant, de nombreux dégâts matériels dont l’incendie de véhicules, le pillage de commerces de la ville par des individus incontrôlés.
Comme nous le signale une source sur place, d’une part, les populations se sont barricadées dans leurs différents quartier avec des barrages de fortune pour éviter d’être attaquées par des individus armés qui circulent dans la ville.
D’autre part, les populations autochtones craignent d’être prises à partie par des communautés allochtones et allogènes qui vivent à Bonoua. Partie d’une simple manifestation de mécontentement contre le 3e mandat du président Alassane, la situation tend vers un affrontement inter communautaire.
La population craint le pire
"Le pire n’est plus loin" c’est l’alerte que lance un habitant de la ville que nous avons pu joindre ce matin. A Divo, la marche de l’opposition hier vendredi 20 août a pris une autre tournure. La situation, semble-t-il, est dramatique. Car, des sources annoncent qu’il y aurait eu des pertes en vies humaines. Une information à prendre pour l’instant avec pincette, quand on sait qu’en période pareille, les rumeurs causent par moments beaucoup de dégâts. Ce dont nous pouvons être sûr, c’est qu’après un calme précaire a régné dans l’après-midi d’hier, la nuit a été très terrible pour les populations. La publication de différentes vidéos et images sur les médias sociaux, et vérifiées montrent l’ampleur des dégâts causés par des groupes d’individus interposés. De violents affrontements entre des groupes de jeunes de l’opposition et ceux du RHDP auraient fait passer une nuit mouvementée aux populations de la ville.
Des véhicules stationnés dans des gares routières ont été incendiés par des individus surexcités. Et ce, en représailles à d’autres groupes de manifestants pro Ouattara qui auraient occasionné l’avortement de la marche des femmes de l’opposition, comme l’ont indiqué d’autres sources sur place à Divo. Ces dernières auraient été violemment séquestrées par des infiltrés.
C’est donc une capitale du Loh Djiboua en ébullition qui fait depuis hier la UNE de l’actualité politique en Côte d’Ivoire. La population de Divo dans son ensemble craint un embrasement totale de la situation, et appelle à cet effet, une rapide intervention des autorités de Côte d’Ivoire pour empêcher que le pire ne se produise, à savoir des affrontements communautaires, comme l’ont souligné nos sources. Pour l’instant, la situation reste précaire en cette mi-journée au moment où nous bouclions cet article. Nous suivons avec intérêt, la situation de Divo, cette ville réputée être, depuis quelques annees, un bastion de la violence à cause de problèmes politiques.
José Teti, Correspondant permanent à Abidjan
Sat, 22 Aug 2020 17:30:00 +0200
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