« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Opinions

Côte d’Ivoire – Kobenan Adjoumani : Un griotisme sans limites

Kobenan Adjoumani voudrait-il dépasser Dominique Sakombi Inongo dans le griotisme et l’excès de zèle? La question mérite d’être posée après les dernières sorties de l’homme que la cupidité et l’opportunisme poussèrent à abandonner facilement Henri Konan Bédié qui le fit connaître en le nommant ministre pour la première fois.
Pour ceux qui ne le savent pas, Sakombi fut ministre de la communication dans les années 1970 quand Mobutu régnait en maître absolu sur le Zaïre. C’est à lui qu’on doit, par exemple, le spot publicitaire qui ouvrait le journal télévisé et dans lequel Mobutu descendait du ciel comme un dieu. Sakombi et d’autres griots considéraient Mobutu comme le messie du Zaïre, avaient fait du mobutisme une doctrine et voulaient que les Zaïrois vénèrent Mama Yemo, la mère de Mobutu, comme les catholiques vénèrent la mère de Jésus.
Selon Adjoumani, le parti de Laurent Gbagbo soutient des putschistes. Il faisait ainsi allusion au voyage de Justin Koné Katinan à Ouagadougou. Adjoumani considère en revanche Dramane Ouattara comme un démocrate et donc comme quelqu’un qui ne saurait frayer avec des amateurs de coups d’état. Or, en son for intérieur, Adjoumani sait qui est le commanditaire et bénéficiaire du coup d’état contre Bédié en décembre 1999, qui tenta de renverser le général Robert Gueï et le président Laurent Gbagbo en 2000 et 2001, qui accorda l’asile et la nationalité ivoirienne à Blaise Compaoré qui fit un coup d’état sanglant contre Thomas Sankara en 1987, qui reçut récemment Olingui Nguema, qui faillit renverser les autorités de la transition au Burkina Faso en septembre 2015, etc.
Si je devais donner un petit conseil au porte-parole du Rhdp, ce serait celui-ci: Sakombi ayant tout perdu après que Mobutu eut perdu le pouvoir, Adjoumani devrait se garder d’être excessif dans le zèle et dans la flagornerie; il ne devrait surtout pas essayer de réécrire l’histoire de notre pays. Qu’il mange tranquillement et qu’il commence à penser à la fin du film dans lequel il joue bien son rôle de bouffon.
Jean-Claude Djéréké
La Dépêche d'Abidjan

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