« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Arts et Culture

11 mai 1981- 11 mai 2012 : Bob Marley, 31 ans déjà !

Le leader des Wailers, Robert Nesta Marley, plus connu sous le nom de Bob Marley, a disparu il y a 31 ans des suites d’un cancer, à Miami (Etats-Unis). Plusieurs espaces chauds d’Abidjan, notamment le Pam’s, Kirikou, Bluetooth (II-Plateaux), Parker Place (Zone 4) mais aussi de simples citoyens commémorent aujourd’hui l’anniversaire de sa mort.
Bob Marley a vendu plus de 200 millions de disques à travers le monde. Il est le plus grand vendeur de disques reggae de l’histoire. Il est né le 6 février 1945 d’une mère noire jamaïcaine et d’un père blanc d’origine anglaise né en Jamaïque, le capitaine de la Royal Navy, Norval Marley.

La carrière

Après les périodes ska et rocksteady – ce qui deviendra le reggae – et ses balbutiements de 1962 à 1968, Bob Marley s’attaque au reggae avec son ensemble les Wailers. Cette période coincide avec la sortie de « Catch a fire » et « Burnin’ » et la séparation d’avec ses compagnons Peter Tosh et Bunny Wailer (1973).
Les portes du succès s’ouvrent à lui avec « Natty dread » (1974), « Live » (1975), « Rastaman vibration » (1976), « Exodus » (1977), « Kaya » (1978), « Babylon by bus » (1978), « Survival » (1979) et « Uprising » (1980)… Après sa mort, des albums à titre posthume ont été sortis, notamment « Confrontation » (1983), « Man in Tokyo » (1991), « Talkin’ blues » (1991), « One Day of Bob Marley » (2001), «Live at the Roxy» (2003) et «Live forever» (2011).
Bob Marley a fait découvrir au monde le reggae, un riche dérivé du blues qui a considérablement influencé la musique populaire occidentale.

L’héritage

Et ce bien plus qu’il est généralement admis (le remix ou dub et le rap sont directement issus du reggae). Sa musique a touché tous les publics, transcendé les genres, comme en témoigne un large culte, encore en pleine expansion dans le monde entier, à la fin du vingtième siècle.
L’œuvre du pape du reggae exprime à l’origine l’affirmation de la dignité et la valorisation de l’identité du peuple noir bafoué par des siècles d’esclavage («Slave driver», «Redemption song»), de colonialisme («Music lesson», «Crazy baldhead») et d’oppression économique («Revolution»). Il incarne, avec le mouvement rastafarien (Positive vibration, War), l’éveil de son peuple à une révolution spirituelle contre un oppresseur qu’il décrit d’abord comme le fruit d’une imposture chrétienne (« Get up, Stand up »), païenne (« Heathen »), capitaliste (« Rat race »), voire corrompu, raciste et hypocrite (« Who the cap fit »).
Avec une authenticité et une force inégalées, il a été la première véritable superstar venue d’un pays pauvre.
Parolier remarquable capable de s’approprier avec naturel des formules du langage populaire, n’hésitant pas à aborder les thèmes les plus universels, Bob reste un symbole d’émancipation, de liberté, de contestation (« Soul rebel ») et de légitime défense (« I shot the Sheriff ») ; supplantant souvent dans l’inconscient collectif des politiciens comme Che Guevara, Marcus Garvey, Nelson Mandela…
Son message est d’abord d’ordre spirituel et culturel, assorti d’une incitation à la consommation du chanvre (« Kaya » et « Easy skanking ») qui fait partie de la culture rastafari.

Marcellin Boguy in Notre Voie

Fri, 11 May 2012 09:41:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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