L’aile dissidente du Fpi a organisé son 3è congrès extraordinaire le 30 avril. Le 4 mai, l’État a procédé simultanément à l’arrestation de trois dirigeants mis aussitôt sous mandat de depôt.
Mais les chefs d’inculpation, distribués à la carte, diffèrent d’un accusé à un autre. Sébastien Dano Djédjé, président du comité d’organisation du congrès controversé, et Justin Koua, secrétaire nationale de l’aile frondeuse du Fpi, sont poursuivis pour "Violence et voies de fait sur les forces de l’ordre". On leur reproche leur défiance à l’autorité de l’État, pour avoir refusé de se soumettre à la décision de justice qui les empêche d’utiliser nom, sigle et nom du Fpi.
Mais pour Hubert Oulaye, président du Comité de contrôle, l’affaire est corsée. Il est poursuivi pour… "Complicité d’assassinat de sept Casques bleus nigériens" en juin 2012, à Guiglo, sa ville d’origine à l’ouest du pays.
Ainsi, à la faveur des faits de désobéissance civile, l’État s’est subitement souvenu que cet ancien exilé au Ghana, rentré au pays sans être inquiété jusqu’à l’exacerbation de la crise interne au Fpi, serait mêlé au guet-apens dont les soldats de l’Onuci ont été victimes. L’État se rend coupable d’arbitraire pour régler des comptes.
Car, dans leur sac bourré de chefs d’accusation, les autorités réservent à chaque opposant qui refuse de rentrer dans les rangs, son ou ses délits. Moïse Lida Kouassi et Assoa Adou en savent quelque chose. Leur activisme dans la crise au Fpi leur a valu, en octobre pour l’un et novembre pour l’autre, d’être mis aux arrêts et inculpés pour "Déstabilisation, atteinte à la sûreté de l’État et constitution de bandes armées". L’épée de Damoclès reste suspendue sur la tête des animateurs de la tendance "Gbagbo ou Rien".
FB