Gédéon a été ouvertement accusé par le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko d’être le «cerveau» de l’attaque d’Akouédo qui a fait six morts le 6 août dernier, en relation avec un leader de mouvement de soutien au président Laurent Gbagbo, Abel Naki, qui vit à Paris. Ce jeune militaire aujourd’hui en exil donne les raisons de sa désertion des rangs des Forces républicaines de Côte d’Ivoire. «Je fais partie des jeunes soldats républicains qui ont valablement combattu pour faire respecter la décision du Conseil constitutionnel. En plus d’être un soldat qui s’est affiché durant la crise post-électorale là où certains d’entre nous jouaient à un jeu trouble, ce qui fait que j’étais en discorde avec des frères d’armes. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans la même armée, dans le même corps. Et depuis que le pouvoir a changé de mains, une liste sur laquelle figure mon nom a été dressée. Donc vous imaginez ce que je risquais dès l’instant où mon camp a été attaqué et alors qu’on m’annonce une perquisition brutale à mon domicile !», explique Gédéon, qui rappelle que le régime Ouattara, sans disposer d’éléments probants, «torture les gens». «La police militaire a ramassé plein d’innocents, c’est pourquoi j’ai pris le large», justifie-t-il.
«Je n’avais jamais entendu parler d’Abel Naki»
Hervé Blé donne des informations intéressantes sur la Grande muette. Selon lui, la nouvelle armée ivoirienne est minée par de profondes divisions. «Renseignez-vous bien, l’on vous dira ce qui s’est passé pendant le stage P1 des ex-rebelles. Quand un chef d’état-major se met devant une troupe pour dire à certains de ses éléments, «vous n’avez pas honte, ils vous ont battu pendant la guerre et vous les formez en les frappant», qu’est-ce qu’on peut leur apprendre?», poursuit Gédéon. Il croit que nombreux sont ses frères d’armes, qui continuent de figurer dans l’effectif de l’armée «parce qu’ils ont besoin de moyens pour entretenir leur famille, continuent de figurer dans l’effectif de cette armée».
Sur ses supposées accointances avec Abel Naki, Hervé Blé fait cette précision : «Je n’avais jamais entendu parler de lui auparavant. Ils (les experts en intox du régime) sont même allés vérifier dans mon compte bancaire et n’ont vu aucune trace de transfert d’argent. Un cerveau d’une attaque, comme ils le disent, aurait dû avoir des millions de FCFA sur mon compte. Mais malgré le fait que rien n’a été découvert, ils ont gelé mon compte.»
Selon «Gédéon», la réconciliation n’est pas possible dans l’état actuel du pays parce que l’actuel pouvoir veut gouverner avec la force, dans la terreur et dans le sang. «Le colonel Dosso et le général Guei ne sont pas les seuls Ivoiriens tués dans la crise que traverse notre pays. Il y a eu les ministres Boga Doudou, Désiré Tagro, des militaires tels que Babri Gohourou, Dagrou Loula, Daly Oblé…», fait remarquer l’ancien soldat du camp militaire d’Akouédo.
Benjamin Silué in Le Nouveau Courrier
Thu, 18 Oct 2012 03:09:00 +0200
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