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Cheikh Anta DIOP
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Affaire « l’épouse de Mabri vidée du domicile conjugal »: Le chef de l’Etat ordonne la réintégration de Mme Mabri La ministre de la Famille explique Le directeur de la SOGEPIE crie à la manipulation

A cet effet, la ministre de la Famille a tenu un point-presse hier dimanche 09 septembre à son domicile à Cocody pour donner de plus amples informations relativement à cette réintégration. «En tant que porte-parole adjoint du gouvernement et ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, nous avons été interpellée par plusieurs personnes sur le dossier d’expulsion de Mme Mabri après parution dans les journaux. Nous avons donc joint Mme Mabri pour l’entendre, ainsi que le Ministre Mabri qui se trouvait en correspondance en provenance de Tokyo et en transit sur Paris pour savoir de quoi cela retournait. C’est suite à cela que nous avons tenu informé le président de la République afin qu’une solution immédiate soit trouvée qui va dans le sens de la protection de la mère et de ses enfants. Le président Ouattara a réagi positivement en donnant instruction, séance tenante aux environs de 20h le samedi (ndlr : avant-hier), pour que Mme Mabri et les enfants (5 filles) qui je le souligne sont mineures , réintègrent aussitôt la maison. Cependant, avant que je ne puisse joindre le ministre Mamadou Sanogo (ministre de la Construction), le président de la République lui-même l’a appelé en lui donnant les mêmes instructions. C’est ce qui s’est passé. Et ce matin(ndlr:hier dimanche matin), le directeur de la Sogepie, s’est rendu dès 6h avec une équipe pour faire exécuter la décision du chef de l’Etat. Cela, en attendant que le ministre Mabri, légalement marié à Mme Kourouma, rentre de voyage afin que les problèmes de foyer se règlent dans le couple. D’ailleurs, M. Mabri, depuis là où il se trouve, m’a aussi priée de faire réintégrer sa famille au domicile conjugal tout en me remerciant pour ma démarche», a fait savoir Mme Raymonde Goudou. Sur la question de savoir s’il n’y a pas de favoritisme et un pied de nez fait à la justice avec l’intervention du chef de l’Etat pour une question qui ne concerne qu’un couple, Mme Goudou a été sans ambages :« Il n’y a pas de favoritisme encore moins une interférence du chef de l’Etat dans une décision de Justice. » Et de clarifier : «C’est parce qu’à l’origine de la démarche de la Sogepie, il y a eu vice de procédure. L’acte d’expulsion de la Sogepie n’a pas été signifié à sa hiérarchie, c’est-à-dire le ministère de la Construction. C’est une décision unilatérale du directeur de cette structure. Voici pourquoi ordre lui a été donné de ramener Mme Mabri dans son domicile. Il n’y a donc pas jurisprudence, car je le répète, il y a eu vice de procédure. Il n’y a pas de favoritisme non plus car ce genre de dossier est quotidiennement traité par le ministère que je dirige et malheureusement, malgré nos rapports que nous transmettons à la presse, celle-ci ne s’en fait pas l’écho. »

Après ce point-presse de la ministre de la Famille, nous nous sommes rendu au domicile de fonction de M. Mabri pour vérifier l’acte d’exécution de l’ordre donné par le chef de l’Etat. Là, nous constatons effectivement le retour de effets personnels de Mme Mabri, assise au milieu de la cour, entourée de ses enfants et parents.

Quant à M. Bamba Issiaka, le directeur de la Sogepie, il attendait de donner des informations à la presse sur cette affaire qui apparemment lui échappe. Précise-t-il d’entrée : «On nous a signifié au niveau de la SOGEPIE que le ministre Mabri ne voulait plus de sa maison de fonction. Donc il y a certes eu expulsion mais nous n’étions pas partie prenante. » Avant de poursuivre : «Le ministre nous a tenu informé de tout cela par le biais de son avocat. Et c’est lui qui a fait exécuter la décision d’expulsion. Nous n’avons pas pu informer notre hiérarchie car le gouvernement était en vacances. Mais je constate que c’est une affaire de couple dans laquelle nous avons personnellement quelque peu été manipulé. Parce qu’au niveau de la SOGEPIE, nous ne passons pas par voix d’huissier pour reprendre une maison de fonction puisque celle-ci n’est pas en location. Donc, bien que la décision ait été prise de reprendre la maison, ce n’est pas par notre soin qu’un huissier est venu exécuter l’acte d’expulsion. Nous ne fonctionnons pas comme ça. Tout compte fait, je suis là pour exécuter depuis ce matin, l’ordre du chef de l’Etat et donc les chambres ont été nettoyées et suivront l’installation des meubles et celle des bagages. »

Pour sa part, Mme Toikeusse qui retrouve son domicile, a dit ses remerciements au chef de l’Etat et au ministre de la Famille pour leur soutien. « Je ne suis pas surprise du geste du président Ouattara qui est un homme intègre, responsable et au grand cœur. Je ne doutais pas outre mesure de l’acte qu’il allait poser et je lui suis entièrement reconnaissante, tout comme à Mme la ministre de la Famille Mme Goudou, d’avoir pu sauver mes enfants et moi. », a-t-elle souligné à la presse, non sans préciser qu’elle réintègre effectivement la maison.

Sébastien Kouassi in L’inter

Mon, 10 Sep 2012 02:27:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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