« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Ah, les exactions ! – Tortures sous Ouattara : Le plaisir pathologique des Frci

Il est désormais strictement interdit de penser, de dire et de faire, dans ce pays, autre chose que la volonté du régime au pouvoir. Amadou Soumahoro dit Cimetière, secrétaire général du Rdr, a prévenu que quiconque s’en prendra à Ouattara sera transporté par les pompes funèbres, directement au cimetière. Dans l’armée, les ordres, ça s’exécute. Le patron délégué du parti au pouvoir a ordonné. Naturellement la nouvelle armée de dozos-Frci exécute, et exécute bien. Mais avant d’envoyer leurs prises de chasse rejoindre leurs ancêtres dans les mondes célestes, les éléments de la nouvelle armée de la nouvelle Côte d’Ivoire prennent un plaisir fou à les torturer. Armés de tout ce qui peut ôter la vie à un individu, ils leur infligent une punition qui n’a rien à envier à celle d’un camp de concentration nazi. Pieds et mains liés dans le dos pour se retrouver dans la position d’un alligator qu’un chasseur vient de piquer de sa flèche empoisonnée dans le dos, brûlures du corps à l’acide ou au pétrole, pieds ligotés accrochés à une grue, la tête suppliant la terre pour qu’elle lui soit légère… En rang, les uns derrière les autres, chacun à son tour dans la chambre froide. Et chacun a sa figure de style torturante. Les victimes des promoteurs de la «dozocratie» et de la «Frcicratie» souffrent des douleurs douloureuses. Leurs cris s’étouffent dans le silence des organisations des droits de l’homme, pourtant très loquaces sous le régime de Laurent Gbagbo. La mort les rejoints ensuite froidement lorsque leurs corps ne sentent plus la douleur. Ils peuvent alors retrouver le cimetière promis par Amadou Soumahoro. Au plaisir démesuré des éléments des commandants aux amulettes pendantes sur toutes les parties du corps. Les victimes les plus chanceuses de la nouvelle démocratie, sortie du sac à solutions dissolues du président Ouattara, sont propulsées en prison. Il en est ainsi de Laurent Akoun, Alphonse Douaty et de bien d’autres. Ils ont rejoint le groupe des prisonniers politiques, détenus depuis près de deux ans sans jugement, coupables de liberté de pensée, de faire et de dire autre chose que ce que pensent, disent et font les animateurs du régime.
Mais cette vaste opération tortionnaire d’anonymes innocents et d’emprisonnement des leaders politiques de l’opposition ne produit pas et ne peut pas produire l’effet attendu. Car la pensée est libre. Et vouloir la ranger dans le tunnel ou la discipliner est peine perdue.
Bruno Kouadio

Yopougon: 2 agents enlevés par des Frci à l’usine solibra
Koffi Anicet et Tano Kouakou respectivement chef mécanicien et machiniste à l’usine solibra ont été enlevés, les 27 et 28 août dernier, par trois éléments des Frci dont le chef de l’opération était, dit-on, le capitaine Soumahoro. Selon les renseignements recueillis sur place, les Frci ont fait dans irruption dans l’usine, le lundi 27 aout 2012, aux environs de 18h pour, disent-ils, appréhender Anicet Koffi. Raison évoquée, son implication supposée dans les différentes attaques des positions des Frci. Ils sont revenus le mardi 28 août pour mettre la main sur Tano Kouakou et l’ont conduit vers une destination inconnue. Ces enlèvements ont semé la peur au sein de l’usine. Cette situation a obligé le délégué du personnel à arrêter le travail pour la journée du mardi 28 août 2012. Pour l’heure, les collègues et les parents sont sans nouvelles d’Anicet Koffi et de Tano Kouakou soupçonnés d’être des mercenaires à la solde des pro-Gbagbo pour déstabiliser le régime Ouattara. Visiblement que le pouvoir d’Alassane Ouattara a sombré dans la paranoïa.
Jean Goudalé

Issia : Le commandant Frci débarqué
Fofana Bakary, commandant Frci d’Issia, a été débarqué et remplacé par un certain Sahi Bamba. Arrivé à Issia pour remplacer Doumbia Alassane qui régnait sur la ville avec une main de fer et qui a disparu dans la nature, Fofana Bakary vient d’être relevé du commandement des Frci d’Issia. Joint hier au téléphone, il nous a simplement répondu : «Je ne parle pas à la presse. C’est une décision de la hiérarchie. Je ne peux pas la commenter ni en dire plus». Une réaction qui confirme son départ. Dont les raisons restent inconnues. En effet, celui qui est désormais ex-commandant Frci d’Issia avait harmonisé ses rapports avec les populations si on s’en tient à des témoignages reçus auprès des populations. «Il est humble et respectait les élus et autorités administratives de la ville. Quand il y a un problème avec ses éléments dans les villages, il approchait les populations pour les calmer», témoignent des habitants. Qui disent ne pas comprendre pourquoi il quitte Issia. D’autres personnes avancent : «C’est parce qu’il entretient de bons rapports avec les autochtones Bété et Niamboua que les malinké militants du Rdr ont fait un rapport contre lui pour le faire partir afin de voir venir celui qui va terroriser les populations autochtones.» On attend donc de voir la conduite du nouveau patron des Frci. Dans tous les cas, tout le département d’Issia est assiégé par les dozos et les Frci qui tiennent des barrages qui ne s’expliquent pas.
Benjamin Koré

Yopougon Les Frci, rois du racket
Les barrages érigés par les Frci de façon sauvage dans la commune de Yopougon ont été transformés en des lieux de racket. Les Frci qui laissaient croire qu’il y a urgence à contrôler la circulation pour éviter des surprises désagréables, se sont détournés de cette mission de contrôle pour rançonner les usagers. Les barrages sont rapprochés et les éléments Frci vêtus de toutes sortes de tenues militaires prennent de l’argent aux transporteurs. Le racket est devenu une question de survie. A l’entrée de Yopougon appelé «Au sable», on retrouve des Frci qui rackettent. Un peu plus loin, au carrefour Bel Air, un autre groupe de racketteurs sévit, juste à quelques mètres au carrefour du Complexe sportif, les Frci sont encore là. Ils ont dressé des pneus sur la voie afin de contraindre les véhicules à s’arrêter pour les rançonner. Au carrefour des Sapeurs pompier, toujours sur le même itinéraire, on retrouve encore un autre point de racket. Le pouvoir Ouattara, quant à lui, reste muet face au racket des Frci. Ces mêmes éléments armés pro-Ouattara arrêtent des personnes pour les garder en détention arbitraire rien que pour soutirer de grosses sommes d’argent à leurs parents avant de les remettre en liberté. C’est là aussi un visage du racket. Les Frci sont ainsi devenus les rois du racket

Source: NOTRE VOIE

Sat, 08 Sep 2012 12:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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