« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Alphonse Douati (Fpi) : « Nous ne sommes pas dans le folklore »

Répondant, samedi dernier, à une des nombreuses préoccupations des populations du village d’Adiopoto, dans la commune de Songon, le secrétaire national du Fpi chargé du Suivi des actions gouvernementales, Alphonse Douati, a rappelé la position de son parti concernant la réconciliation nationale. « Notre position est très claire. C’est Laurent Gbagbo qui a créé le concept : Asseyons-nous et discutons. La réconciliation vient donc de nous. Mais attention, il faut qu’on se comprenne. Pour se réconcilier, il faut être au moins deux », a-t-il indiqué. Avant de saluer la tournée politique initiée par le Fpi en vue de remobiliser ses militants. « Quand ils vont apprendre que le Fpi, sa base, ses militants et ses militantes sont debout, ils vont accepter de discuter avec nous. Et en ce moment-là, il y aura la vraie réconciliation. Sinon en dehors de ça, tout le reste, c’est du folklore. Et nous, on n’est pas dans le folklore ». Prenant l’exemple d’un village où deux familles s’affrontent, Dr. Douati a expliqué que chaque camp s’aligne derrière son chef pour aller à la réconciliation. « Mais nous, où est notre chef ? Notre chef est La Haye. Notre petit chef est en prison. Notre maman est en prison. Notre sous-chef est en prison. Notre sous sous-chef est en exil. Est-ce que c’est vrai de dire : venez, on va se réconcilier ? ». Pour Alphonse Douati, la réconciliation que le pouvoir Ouattara propose au Fpi est loin d’être vraie. « Parce qu’en 2000, 2001 et 2002, quand il y a eu le Forum de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, Bédié était en exil, le président Gbagbo l’a fait venir. Alassane Ouattara était en exil, le président Gbagbo l’a fait venir. Le général Guéi, qui venait de perdre le pouvoir, était à l’Ouest, le président Gbagbo l’a fait venir. C’est quand ils étaient assis qu’ils ont fait la réconciliation », a affirmé l’ex-ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques. Il a aussi précisé qu’il n’est pas juste de comparer ce qui s’est passé en Afrique du Sud avec ce qui se fait actuellement en Côte d’Ivoire au plan de la réconciliation. Parce que, dira-t-il, Nelson Mandela n’était pas en prison quand les Sud-Africains sont allés à la réconciliation.

Robert Krassault in OTRE VOIE
ciurbaine@yahoo.fr

Wed, 01 Aug 2012 00:29:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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