La direction du Fpi estime que les actuels tenants du pouvoir en Côte d’Ivoire sont abonnés à la torture et à la violence politique. Le secrétaire général et porte-parole du Fpi, Laurent Akoun, l’a dit aux militants qui ont fait le déplacement, dimanche dernier, au centre culturel Gloris de Yopougon. «Ce sont des tortionnaires et des brigands qui sont à la tête de notre pays. La torture, c’est aussi quand on est condamné à l’isolement et qu’on ne peut pas marcher ni faire de mouvements. Simone Gbagbo et les autres ne sont pas en bonne santé. Nous sommes en face d’un pouvoir qui se croit puissant. Mais c’est un pouvoir qui a gagné la guerre et non les élections.», a-t-il affirmé. Avant d’annoncer des manifestations publiques qui seront organisées par le Fpi. Pour le responsable du Fpi, Alassane Dramane Ouattara et ses hommes ne sont pas aimés des Ivoiriens. Selon Laurent Akoun le pouvoir Ouattara parcourt le monde entier pour distiller un flot de mensonges en se faisant l’illusion que ce mensonge peut prospérer. «Ils pensent qu’à force de répéter les contrevérités, celles-ci peuvent devenir une vérité. Le pays n’avance pas. Les pluies de milliards et les conteneurs d’argent ne sont jamais arrivés. Ils ne peuvent pas nous faire disparaître. Nous jouerons notre rôle de contre-pouvoir et nous allons les dégager», a-t-il prévenu.
La question de la participation du Fpi aux prochaines élections locales a été abordée. Sur le chapitre, M. Akoun a été clair : «nous ne participerons à rien. Nous ne sommes pas concernés. Si on n’est pas maire aujourd’hui, on va exister. Il faut libérer les prisonniers. Nous n’irons pas aux élections si rien n’est fait.» Au nombre des conditions à la participation du FPI, Laurent Akoun évoque, entre autres, les conditions techniques liées à la composition actuelle de la Commission électorale indépendante (Cei). Aussi, s’est-il appesanti sur l’emprisonnement et l’exil de plusieurs militants qui sont, à l’en croire, de potentiels candidats si le Fpi décidait d’aller à des élections. « Nos talentueux joueurs sont en prison et en exil. Nous ne pouvons donc pas aller jouer. Je ne peux pas aller aux élections pour être maire d’Alépé pendant que Sangaré Abou Drahamane est en prison. Nous nous sentons en prison parce que Gbagbo y est. Il faut un peu de morale en politique », a-t-il recommandé. Parlant des récentes attaques meurtrières de Duékoué, il a dit toute sa préoccupation pour la sécurité des Ivoiriens. Elément qui fait défaut pour des élections qui se veulent sérieuses et démocratiques soient organisées.
L’audience de confirmation ou non des charges de Laurent Gbagbo à la Haye était également au centre de la rencontre. A ce sujet, le secrétaire général du Fpi a assuré que les avocats de la Défense réunissent les moyens pour faire face aux accusations portées contre Gbagbo. Et Laurent Akoun de s’interroger sur la notion de co-auteur indirect qui fait que Gbagbo se trouve à La Haye. Il a indiqué que ce procès intenté contre Gbagbo à la Cpi est purement politique. «C’est d’abord et avant tout un procès politique. La Cpi a été créée par les puissances du monde contre les petits», a soutenu Akoun.
Dans son intervention, le secrétaire général de la fédération Abidjan-Banco, Lazar Zaba Zadi, a dit que sa structure connaît un regain de vitalité pour relever les défis qui se présentent. Il a fustigé le pouvoir Ouattara qui a fait main basse sur le patrimoine du Fpi dans la commune de Yopougon. Il s’agit du siège fédéral et du Village de la liberté qui est transformé en camp des Frci ainsi que le QG de campagne toujours occupé par les mêmes milices du pouvoir. «La crise a engendré le phénomène des Frci. Les militants du Fpi sont traqués et rançonnés sous le regard bienveillant d’Alassane Dramane Ouattara. Les élus Fpi et des cadres du parti sont contraints à l’exil. Malgré ces faits, Yopougon reste le bastion du Fpi », a déclaré Lazar Zaba Zadi. Qui a dénoncé la cherté de la vie et la hausse du coût des inscriptions à l’Université.
Benjamin Koré in Notre Voie