« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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AMADOU SOUMAHORO PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE FALSIFICATION

Amadou Soumahoro, après avoir convaincu les ivoiriens sur ses penchants extraordinaires pour la violence et la barbarie, vient de se révéler sous une autre facette. En effet, il a trouvé une nouvelle tunique, celle de la falsification. Il est désormais un falsificateur hors paire. En prélude au 58ème congrès de l’Internationale Libérale qui se tient à Abidjan, une assemblée générale du Réseau Libéral Africain (RLA) a été organisée le 17 Octobre 2012 à l’hôtel Tiama. A l’occasion de cette Assemblée Générale, le Secrétaire Général par intérim du RDR a étonné le monde entier. C’est avec une sérénité déroutante qu’il s’est saisit du micro pour affirmer ceci : « C’est grâce à Alassane Ouattara que la loi sur le multipartisme est entrée dans la Constitution en 1990 ». Ses amis libéraux ont sans doute bavé car pour eux, Ouattara est une référence. Mais tous les mentons velus qui ont suivi l’histoire politique de la Côte d’Ivoire de 1960 au 31 Avril 1990, on sûrement attrapé leur tête.
Mais qu’est ce qui a pu pousser ce haut responsable du RDR à falsifier l’histoire ? L’on retiendra pour l’essentiel que Soumahoro veut présenter Ouattara comme un démocrate, un défenseur de la liberté. Ce qui n’est d’ailleurs pas le cas. L’actualité ivoirienne est trop fraiche et grosse pour nous empêcher de voir le musellement, la torture de l’opposition ainsi que la négation des libertés les plus élémentaires. Donc si tel est l’objectif poursuivi par Amadou soumahoro, autant lui dire dès à présent qu’il ne tient pas encore le bon bout.
A la vérité, le puissant secrétaire Général par intérim du RDR ne maitrise pas la voie qu’il a empruntée. Il y a donc lieu qu’on lui indique le chemin. La Constitution du 3 Novembre 1960 en son article 7 précise : « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement sous la condition de respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie, et des lois de la République. » Cette disposition, après quelques retouches, a été reprise par l’article 13 de la constitution d’Aout 2000. « Les partis et groupements politiques se forment et exercent leurs activités librement sous la condition de respecter les lois de la République, les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Ils sont égaux en droits et soumis aux mêmes obligations. » C’est dire que depuis 1960, le multipartisme était prévu par la Constitution ivoirienne. C’est l’exigence de l’application de cette disposition qui a conduit les cadres du PDCI à ostraciser Kragbé Gnagbé en 1967. Il avait même été dit que Kragbé Gnagbé était bon pour l’asile. La Côte d’Ivoire ne connaissait pas encore Ouattara. Le Président du RDR, Président de la République Alassane Ouattara n’a fait son apparition sur la scène politique ivoirienne qu’en 1989. Est-ce quelques mois après son installation à la primature que l’article 7 de la Constitution a germé ? Amadou Soumahoro a sans doute la réponse. Mais comme il s’est amusé à rehausser l’image de Ouattara qui souffre déjà sous les pieds de ses partisans à Abobo, il serait bon qu’il dise aux ivoiriens le mécanisme par lequel la loi sur le multipartisme est rentré dans l’ordonnancement juridique en 1990. Qui a été à l’initiative de cette loi et nous fournisse le rapport intégral de la séance plénière ayant approuvé une telle loi.
Amadou Soumahoro ne pourra jamais nous répondre parce qu’il a parlé dans le vide. Il a parlé sans consulter Henri Konan Bédié le super Président, celui sous l’autorité de qui Ouattara travaille. En effet, en 1990, Bédié était le Président de l’Assemblée Nationale. L’ a t-il consulté ou a-t-il consulté les archives de la Direction des Affaires Législatives de l’Assemblée Nationale ? C’est regrettable pour un monsieur censé donner à ses militants une formation politique. L’on comprend maintenant pourquoi il est tant abonné aux injures et autres appels au meurtre. C’est sur cette voie qu’il puise sa force et non dans la recherche et la formation. Dommage !

Alain Bouikalo

Sat, 20 Oct 2012 12:46:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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