Le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, a rencontré, jeudi, les dozos dans la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères à Abidjan-Plateau. Au lieu de demander fermement le retour des dozos dans leur base naturelle, M. Bakayoko les a célébrés avant de se proposer de les organiser.
« Avant tout propos, je veux dire que notre pays a connu une crise grave. Et pendant la guerre, les dozos ont apporté une contribution à la libération du pays. Je veux leur dire merci. Nous n’avons pas honte de reconnaitre cela et d’assumer cela. Parce que c’est la vérité. Aujourd’hui la guerre est finie. Le Président est entrain de réorganiser le pays dans tous les domaines. De mettre de l’ordre. Ce qui veut dire retour de chacun à sa place ». Ces propos graves de sens, en cela qu’ils donnent l’onction du régime Ouattara aux graves violations des droits humains et autres exactions commises sur les populations civiles depuis la rébellion armée et la crise postélectorale par ces milices armées, ne sont pas les seules fausses notes de la rencontre du ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, avec la confrérie des dozos, jeudi dernier, à la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères au Plateau. M. Bakayoko n’a pas demandé aux dozos de quitter les villes, villages et hameaux de la zone sud de la Côte d’Ivoire qu’ils hantent pour regagner leur base naturelle, le nord du pays. Bien au contraire, il a tenu des propos troublants voire inquiétants. « Nous avons eu une réunion tout à l’heure avant de venir en salle, nous avons demandé à ce que vous puissiez vous organiser en une seule organisation. Qui organise tous les dozos de sorte que nous n’ayons qu’un seul interlocuteur par zone. On ne peut pas par un coup de baguette magique, faire disparaitre les dozos », a-t-il dit. Certes, les dozos ont leur place dans la société ivoirienne parce qu’ils sont, d’une part, des chasseurs traditionnels pourvoyeurs des marchés en viande de brousse et d’autre part, des guérisseurs traditionnels. Mais doit-on rester silencieux face aux violations des droits de l’homme dont ils sont les auteurs ? Ce qu’on demande au régime 0uattara, c’est de ramener les dozos dans leur base naturelle maintenant que la guerre pour laquelle il les avait sollicités est terminée comme l’indique le ministre Hamed Bakayoko. Car ce que dénoncent les populations du sud, du centre, dez l’Est et de l’Ouest, c’est le fait que les dozos, des milices du pouvoir, infligent des traitements inhumains aux populations qu’ils accusent d’être favorables au président Gbagbo. Visiblement cela ne semble pas préoccuper le régime Ouattara qui a demandé aux dozos de mettre à leur tête, dans chaque région, un chef à l’instar des com’zones de l’ex-rébellion armée. Une sorte de légitimation, à grande échelle, de la violence.
Boga Sivori in Notre Voie
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