« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Assassinat du colonel-major Gohourou Babri Hilaire : Ce que révèle l’autopsie du corps

On en sait maintenant un peu plus sur les circonstances de la mort tragique du colonel-major Gohourou Babri Hilaire, ancien porte-parole des Forces de défense et de sécurité (Fds). Selon le rapport fait à sa hiérarchie par l’officier de police, Traoré Mohamed, ayant assisté à l’autopsie pratiquée par le Professeur Etté Yapo assistée du docteur Baudelaire, et en présence du substitut du procureur d’Abidjan-Plateau, Adou Koffi, « Gouhourou Babri Hilaire est décédé des suites d’une hémorragie interne provoquée par balles ». « L’examen extérieur du corps permet de constater un premier orifice sur la cuisse gauche, un second orifice sur le dos au-dessus du rein gauche et un troisième orifice derrière la cuisse gauche », note l’officier dans son rapport. « L’examen interne pratiqué par les médecins après l’ouverture du corps, permet de se rendre compte que l’orifice constaté dans le dos, au dessus du rein, est le passage d’une balle de calibre 8,5 mm qui a traversé les côtes gauches entre la 4ème et la 5ème côte, puis le poumon gauche pour aller de loger dans l’épaule gauche, occasionnant ainsi une hémorragie interne. Lequel projectile a d’ailleurs été extrait de l’épaule gauche », poursuit Traoré Mohamed. L’officier de police ne dit pas si la balle a été tirée de face ou de dos. Mais de sa description de l’examen extérieur du corps, il apparaît clairement que le colonel-major Gohourou a été atteint d’une balle tirée dans le dos. Le tireur était très certainement positionné du côté de la résidence de l’ambassadeur de France, SE.Jean-Marc Simon, à Cocody. Puisque, quand on fait face à l’entrée de la résidence du président de la république, c’est bien le côté gauche qui se trouve exposé à la résidence de l’ambassadeur de France. Ce n’est donc pas un hasard si tous les orifices constatés sur le corps du colonel-major Gohourou se trouvent non seulement dans le dos, mais également sur le côté gauche.
Autre remarque : l’officier de police, Traoré Mohamed, rapporte que le colonel-major Gohourou a été tué d’une balle de calibre 8,5mm. Un calibre qui ne semble pas être très connu dans l’armée ivoirienne. En tout cas, quelques militaires et gendarmes interrogés au téléphone ne semblent pas connaître d’armes susceptibles de tirer des balles de calibre 8,5mm. S’ils parlent aisément de 9mm ou de 6,52mm ou encore de 7,5mm, ils ne semblent pas du tout connaître le calibre 8,5mm. « C’est peut-être une nouvelle arme », suggère un officier de l’armée interrogé hier au téléphone.
Ce qui pourrait accréditer la thèse que l’ancien porte-parole de l’armée ivoirienne a été abattu par un sniper français posté sur le toit de la résidence de l’ambassadeur de France. Selon les témoignages, le 4 avril 2011, le colonel-major Gohourou venait d’arriver à la résidence du chef de l’Etat en compagnie de son garde de corps. Il a garé son véhicule sur la pelouse en face de la résidence de l’ambassadeur de France. Il était donc en train d’entrer à la résidence présidentielle quand il a reçu une balle dans le dos. Lâchement. Le colonel-major Gohourou sera inhumé, demain samedi, à Dougroupalégnoa, son village natal dans le département de Gagnoa.

Augustin Kouyo in Notre Voie

Fri, 21 Oct 2011 07:45:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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