« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Avant son départ pour la France Miaka a rendu visite à Akoun et Douati à la MACA

Notre Voie: Vous sortez juste de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), peut-on savoir les raisons de votre visite en cet endroit ?

Miaka Ouretto Sylvain: Mon secrétaire général Laurent Akoun est ici à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Il se trouve en prison avec un de ses adjoints en la personne de Alphonse Douati. Ce sont des éléments costauds de mon équipe de travail. Le jour où ils ont été déportés ici, j’ai ressenti cela comme une catastrophe. Si vraiment le temps me le permettait, c’est pratiquement tous les jours que je devais être ici pour m’enquérir de leur santé. Leur santé psychologique et leur état physique. Surtout que ces dernier temps, il y a eu beaucoup de mouvements. Je veux parler des tentatives d’enlever les prisonniers pour les transférer vers des destinations inconnues. Il fallait que je vienne pour me rendre compte moi-même de visu de leur état physique et de leur santé mentale.

N.V.: Dans quel état d’esprit les avez-vous trouvés ?

M.O.S.: Heureusement, le constat est que les camarades se portent bien s’agissant des deux aspects que j’ai évoqués tantôt. Du point de vue mental et psychologique, ils se portent bien. Ils ont la lucidité qu’il faut. Du point de vue physique aussi, je ne dirais pas qu’ils ont bonne mine dans cet état de détenus, mais physiquement ils sont bien.

N.V.: Comme vous avez évoqué les tentatives d’enlèvement pour des destinations inconnues, est-ce que tous vos camarades détenus à la Maca sont en place ?

M.O.S.: Oui nous avons trouvé nos camarades en place. Mais seulement, nous avons des informations qui nous inquiètent. Nous disons que l’effort est fait, nous dit-on pour faire de notre pays un Etat de droit. On salue cet effort, mais l’Etat de droit fonctionne selon des règles. Des gens sont détenus provisoirement pour des besoins d’enquêtes. Mais une fois qu’ils passent devant le juge, ils sont jugés et condamnés, on doit savoir où ils sont, dans quel lieu ils sont mis en prison. Mais beaucoup de nos amis, fussent-ils des militaires, ils sont nos frères. Je veux parler de Séka Yapo Anselme dit Séka Séka et dernièrement le général Dogbo Blé. Où sont-ils ? Où les a-t-on mis en prison ? Sont-ils dans une prison d’Abidjan ou à l’intérieur du pays ? Ce sont des questions qu’on se pose sur le lieu de leur détention et nous nous en inquiétons.

Benjamin Koré in Notre Voie

Sat, 10 Nov 2012 11:37:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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