Les combattants pro-Ouattara, officiellement épinglés par la commission nationale d’enquête, sont toujours libres de leur mouvement. Une preuve éloquente de la Justice aux ordres sous Ouattara.
Le rapport de la commission nationale d’enquête remis au chef de l’Etat le 8 août dernier, indique clairement que les forces pro-Ouattara ont tué 727 personnes dont 545 exécutées sommairement pendant la crise postélectorale. Le rapport relève en outre que les Dozos ont exécuté 200 personnes. Même si sa partialité a été mise en cause, il est indéniable que la commission dirigée par Paulette Badjo a eu le mérite de révéler officiellement à la face du monde entier que le camp Ouattara a aussi commis des crimes graves en Côte d’Ivoire. Mais plus de trois mois après la publication des résultats de cette commission aux ordres du chef de l’Etat, les criminels du camp Ouattara indexés n’ont toujours pas été inquiétés par la justice. Ni la Cpi, ni les tribunaux nationaux n’ont donné de suite aux conclusions du rapport mis sur pied par le chef de l’Etat ivoirien. Bien au contraire, tous les chefs de guerre soupçonnés de crimes graves jouissent de ont été promus dans la chaine de commandement militaire. Les dozos et autres mercenaires, auteurs des tueries massives (plus de 1000 populations civiles massacrées à Duékoué) relevées par la commission, paradent encore dans les villes et villages avec leurs armes en toute liberté. Pas un seul élément des forces pro-Ouattara n’a été traduit devant les tribunaux. Cette justice, foncièrement sélective, n’arrête que les partisans de Laurent Gbagbo et les soldats des ex forces de défense et de sécurité (Fds) ayant défendu la République conformément à leur serment. Plus grave, les bandes armées du régime continuent en toute impunité de violer les droits humains au nez et à la barbe de la communauté internationale qui a choisi de fermer les yeux sur les dérives de son poulain. La traque des partisans de Laurent Gbagbo, les arrestations arbitraires, les assassinats et les tortures des prisonniers ont même atteint un seuil qui inquiète les organisations de défense des droits humains. Le dernier rapport d’Amnesty International a étalé au grand jour les atrocités commises par le régime Ouattara en Côte d’ivoire. La prestigieuse organisation internationale a révélé que plus de 200 personnes sont arbitrairement détenues et torturées dans des lieux non conventionnels. Inutile de dire que les victimes des camps de tortures sont des partisans du président Gbagbo ou des soldats patriotes dont le crime est d’avoir défendu la patrie contre la rébellion armée qui a endeuillé les familles ivoiriennes pendant une décennie. La justice ivoirienne a simplement décidé de fermer les yeux sur les criminels du camp Ouattara. Cette impunité est aussi cautionnée par la Cpi. La juridiction internationale qui poursuit le président Gbagbo comme « co-auteur indirect de crimes » n’a pas osé inquiéter jusque là un seul membre du camp Ouattara alors même que les rapports de la commission nationale et ceux des organisations de droits établissent ouvertement la responsabilité des forces pro-Ouattara dans les graves crimes commis pendants la crise postélectorale. La Cpi aura-t-elle le courage de demander des comptes aux criminels du camp Ouattara ? Le monde entier attend de voir.
Jean Khalil Sella in NOTRE VOIE