La juge unique de la chambre préliminaire 1 de la cour pénale internationale (Cpi) attend des garanties suffisantes de l’Etat qui se propose d’accueillir Laurent Gbagbo pour une éventuelle mise en liberté conditionnelle. C’est ce qui ressort de la décision qu’elle a rendue hier (lundi ndlr) à la suite de l’audience du 30 octobre dernier. Elle a donc demandé que le greffe de la Cpi examine d’abord ces garanties étant donné que l’état de santé du président Gbagbo exige un suivi rapproché.
La juge unique a cependant rejeté la liberté provisoire estimant que les raisons qui avaient prévalu à son refus le 13 juillet dernier n’ont pas encore changé. A savoir que le président Gbagbo continue de jouir d’une grande popularité et de réseaux d’amitié dans le monde qui pourraient lui permettre de fuir la Justice une fois en liberté. Mais en plus, la juge soupçonne Laurent Gbagbo de vouloir reprendre le pouvoir en Côte d’Ivoire.
Des justifications que la défense avait déjà trouvées infondées dans la mesure où Laurent Gbagbo étant un leader politique, il avait forcément des sympathisants. En plus, elle se demandait comment on pouvait soupçonner un homme qui est resté sous les bombes, en avril 2011, de vouloir s’enfuir. La défense avait également indiqué qu’il n’y avait aucune preuve que les partisans de leur client cherchaient à déstabiliser le régime en place en Côte d’Ivoire. Et qu’en maintenant Laurent Gbagbo en détention parce qu’on prête l’intention à quelques personnes de prendre le pouvoir, cela voudrait dire que leur client est victime d’une prise d’otage. La juge unique a balayé tous ces arguments du revers de la main et s’est résolument alignée sur les positions du procureur et des représentants légaux des victimes.
Ainsi, même si dans sa décision Silvia Fernadez de Gürmendi laisse la porte ouverte, ses différentes décisions inclinent à croire que la Cpi est résolument engagée dans une logique politicienne. Et cela pourraient donner raison à ceux qui, comme Charles Blé Goudé, pensent qu’il ne faut rien attendre de la Cpi. En tout cas, pas maintenant. « Ils ont mis Laurent Gbagbo là-bas afin de permettre à Ouattara de s’installer, ils le libéreront mais pas maintenant », soutient le leader de la galaxie patriotique ivoirienne.
Augustin Kouyo in NOTRE VOIE