Mais à Boundiali, il a été ramené sur terre. Les populations à travers leur député, Koné Dognon ont craché leurs vérités. Boundiali a en effet dépeint un sombre tableau du bilan de l’ex-rébellion. «Sans la paix et la cohésion sociale, aucun développement n’est possible. Le bitumage de l’axe Boundiali-Tengrela n’est réalisé qu’à 65%. Nos besoins en infrastructures sociales, économiques et de développement restent immenses. Nous voulons le démarrage des travaux de bitumage des axes Boundiali-Kani, Boundiali-Odienné, Boundiali-Mankono et le bitumage de toutes les voiries urbaines de Boundiali et des chefs-lieux de sous-préfecture. En matière d’hydraulique, nous voulons que toutes nos populations aient accès à l’eau potable. Au niveau de l’électrification, nous souhaitons la réactivation du programme araignée. Car il semble que l’araignée a eu peur de notre département. Seulement 14 localités sur 67 ont été électrifiées. Boundiali est une véritable zone noire. Le canton central n’est pas du tout électrifié. Au niveau de l’école, la scolarisation de nos enfants est très faible et les investissements dans ce domaine ne suivent pas. Les infrastructures existantes sont totalement délabrées. Nous souhaitons leur réhabilitation et la Construction de nouvelles écoles. Sur le plan sanitaire, le plateau technique des hôpitaux et des dispensaires est pauvre. Il faut qu’il soit amélioré et équipé. Nous voulons l’érection de l’hôpital général en centre hospitalier régional. Le taux de prévalence du Vih /Sida est à 3,9%», se plaint le porte-parole des populations. Il ne s’arrête pas là.
L’honorable Dognon va réveiller son Président de son rêve. «Sur le plan social, nous souhaitons la mise en place de projets et de fonds pour les femmes, les jeunes et les handicapés. Nous voulons que l’Etat mette fin à l’orpaillage clandestin dans notre département. Nous exigeons l’arrêt immédiat du pillage des ressources en bois de la région qui s’amplifie depuis dix ans maintenant. Au niveau de l’agriculture, nous voulons la hausse des prix du kilogramme du coton et de la noix de cajou. Nous espérons qu’avec la création par le Conseil des ministres du 02 juillet 2013, de la structure de commercialisation de ces deux produits, nos parents paysans pourront vivre dignement du fruit de leur travail. Il faut savoir que pour la campagne en cours, la noix de cajou est achetée par des acheteurs véreux à moins de 100 Fcfa. Pour la mangue, nous souhaitons la mise en place d’une politique d’industrialisation et de transformation. Car ce vide fait perdre 80% de la production actuelle. Sur le plan sécuritaire, nous souhaitons une bonne gestion des démobilisés et l’organisation et la valorisation des Dozos. Il y a trop de coupeurs de route dans notre région», assène le député de Boundiali.
Voilà qui est clair et cinglant. Un tableau qui est le fait de Soro et sa bande. Evidemment, Ouattara n’a rien trouvé à dire, si ce n’est de promettre.
A Sinématiali, il a réveillé les vieux démons de la haine. Il a rappelé à ses militants qu’il a échappé à la mort dans les ambassades d’Allemagne et de France. Reconnaissant qu’il est un globe-trotter, Ouattara maintient encore que ses milliers de voyages à l’extérieur sont bénéfiques pour la Côte d’Ivoire. Alors que le peuple ne voit absolument rien. Lui qui ne veut pas se réconcilier avec le Président Gbagbo, ose inviter Dona Fologo et Tiémoko Yadé à se réconcilier.
Pure comédie. Car l’initiateur pardonne lui-même difficilement.
Fabrice Tété
Envoyé spécial à Sinématiali et à Boundiali
In LG-Info