On aura tout vu et entendu au cours de cette visite d’Etat dans le District des savanes. Le dimanche 7 juillet 2013 l’avant dernier jour, Ouattara s’est rendu dans le département de Ferkessédougou. Dans la ville natale de Soro Guillaume, son poulain et président de l’Assemblée nationale, Ouattara a fait l’éloge des armes dans le combat politique. «Ferké connait un jeune qui a grandi ici et fait le petit séminaire à Katiola. Et qui a fait preuve d’un courage exceptionnel. Bon bien sûr, il a estimé à un moment donné que, nous les anciens, nous étions engagés dans une voie qui peut-être, allait prendre trop de temps pour faire aboutir notre combat. Et, il a fait preuve de courage, il a fait preuve de sacrifice. Il s’est battu pour que les populations du nord puissent retrouver leur dignité par la nationalité ivoirienne. Je voulais donc rendre hommage à Soro Guillaume pour le combat qu’il a mené, pour son courage, sa fidélité», dérape-t-il.
Dans l’entendement de Ouattara, la rébellion de 2002 a été la meilleure chose qui puisse arriver à la Côte d’Ivoire. C’est un hommage dangereux et malheureux pour notre pays et la jeunesse ivoirienne. Il fait la promotion des armes et des rébellions au cours d’une visite d’Etat. Avec Ouattara, rien ne surprend aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Pour lui, il ne sert à rien de lutter démocratiquement et pacifiquement pour faire aboutir ses idées, ses projets. Parce que cela met du temps et fait dépenser beaucoup d’énergie. Quelle éducation le chef de l’Etat souhaitet-il inculquer à la jeunesse actuelle en proie à plusieurs maux pouvant la conduire sur la voie de la violence armée? Si ce n’est de les y encourager entièrement.
Par cet hommage, Ouattara admet que pour lui, la démocratie est ennuyeuse et inutile en Afrique. Il faut emprunter les raccourcis armés pour accéder au pouvoir ou pour obtenir satisfaction d’un besoin. Mais aussi, il porte à la connaissance du monde entier que le père de la rébellion est bel et bien Soro Guillaume et non lui, comme l’a signifié dans une vidéo à Korhogo, l’ex-chef de guerre Koné Zakaria au cours d’un meeting animé en malinké en 2002. Ouattara se dédouane également. Il refuse de porter la paternité de la rébellion de 2002. Il ne veut pas ainsi assumer les nombreux crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocides commis par des ex-rebelles, qu’il a pourtant promus à de hauts postes de responsabilité dans l’armée ivoirienne.
En rendant hommage ainsi à Soro Guillaume pour avoir pris les armes en 2002, Ouattara attire sur lui et ses hommes, le regard inquisiteur de la Cour pénale internationale (Cpi). Laquelle Cour a également ouvert des enquêtes sur les événements de 2002. Une manière d’accélérer les enquêtes du côté de la Cpi. Ouattara a encore réitéré sa volonté manifeste de brader la nationalité ivoirienne. Il a demandé instamment à Soro Guillaume de faire adopter sans difficultés, les projets de loi sur la nationalité qui sont déjà à l’hémicycle. Afin que des individus non-Ivoiriens retrouvent leur «dignité !?». «Il nous faut une paix durable. Cela veut dire que le combat que ces jeunes gens ont mené, pour régler les problèmes de nationalité, ce combat doit aboutir. D’ailleurs, le gouvernement a envoyé à l’Assemblée nationale, les projets de loi qui confirment les dispositions sur la nationalité telles que voulues par tous les acteurs politiques à Marcoussis. Ce texte sera examiné par les députés et je suis certain que notre frère Soro Guillaume fera en sorte que ce texte soit adopté pour rendre à chaque citoyen, sa dignité et sa nationalité», réclame Ouattara.
Fabrice Tété in LG-Info
Envoyé spécial à Ferké