Que nul ne l’ignore. Le mystérieux commando qui harcèle les forces républicaines depuis le 5 août 2012 a encerclé Abidjan. Ce n’est pas vouloir troubler l’ordre public ou semer la panique dans les populations de l’écrire. Nous ne faisons que sonner le tocsin face à une macabre réalité que les tenants du pouvoir tentent de couvrir avec des discours mielleux en ressassant que tout va bien, alors que c’est le contraire qui est vrai. Il n’y a qu’à décrypter les différentes attaques qui ont visé les positions des forces régulières pour se convaincre de la dynamique de ce commando mystérieux qui harcèle le pouvoir Ouattara, pour parler comme le ministre Hamed Bakayoko.
Les attaques décrivent un cercle autour d’Abidjan.
Elles ont commencé le 5 août 2012 quand des individus non identifiés s’en sont pris violemment à un commissariat et un poste de contrôle des Frci à Yopougon. C’était le point d’encrage de la spirale d’une série noir qui va décrire un cercle autour de la capitale économique qui abrite pour l’heure la quasi-totalité des Instituions républicaines.
Yopougon, mais surtout Bingerville :
Le 6 août, c’est-à-dire 24 heures après Yopougon, des assaillants attaquent le mythique camp militaire d’Akouédo, au sud-est d’Abidjan. Ils ont fait des victimes dans les rangs des forces républicaines et se sont servis en matériels militaires avant de se retirer vers Bingerville, selon les déclarations du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Les militaires ont jeté leur dévolu sur les populations de Bingerville, à l’est d’Abidjan, «qui ont donné gites et couverts aux assaillants». Mais là n’est pas notre préoccupation. Notons plutôt que le commando mystérieux dont le Chef d’état-major général des Frci Soumaïla Bakayoko disait récemment sur les antennes d’une Radio être à la recherche d’armes et de bras valides afin d’accomplir sa sale besogne, s’est signalé à Bingerville après les événements sanglants d’Akouédo. Quand on décrypte les dires du ministre délégué à la Défense Paul Koffi Koffi selon lesquels ces assaillants cherchent une base territoriale afin de contraindre le pouvoir à des négociations, il y a lieu de s’interroger s’il n’est pas convaincu que Bingerville en est une, vu l’intensité des ratissages qui ont secoué cette contrée. Enfin, passons. Retenons seulement que le commando mystérieux a commencé sa danse autour d’Abidjan par la zone de Bingerville.
Agboville, au Nord-Est d’Abidjan.
Le commando mystérieux qui cherche à se tailler un territoire ou avoir une position militaire à même de forcer Ouattara à la négociation, pour paraphraser Paul Koffi Koffi, a poursuivi ses raids contre les Frci en s’attaquant avec la même violence à une position des forces régulières à Agboville. Au nord-est d’Abidjan. Il s’en est suivi l’épisode de Grand-Bassam. Même si les Frci ont été vigilantes comme l’ont relevé les autorités militaires, il n’en demeure pas moins que le commando mystérieux a matérialisé par cette tentative d’attaque sa présence ou son passage à l’est d’Abidjan. C’est à noter.
Jacqueville au Sud-Ouest, et Dabou-Sikensi à l’Ouest d’Abidjan
Après les attaques de Dabou et de Jacqueville, suivies d’une foudre de ratissage qui s’est abattue sur la région de Sikensi, il faut être frappé d’une cécité intellectuelle et privé de sa capacité de jugeote pour ne pas comprendre que le commando mystérieux a achevé de tisser sa toile autour du tout Abidjan. Les Forces républicaines ne seraient pas particulièrement sans pitié dans le triangle Dabou-Jacqueville-Sikensi lors des opérations de ratissages qui y sont menées s’il n’y avait pas le feu aux poudres. Bien au
contraire. Le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, le spécialiste en détection des «apatrides qui n’aiment pas leur pays» a mis en garde les têtes couronnées du Lèboutou parce qu’il est convaincu que les raids qui ont secoué ce périmètre sont loin d’être de simples feux d’artifices. Il faut y voir plutôt une base arrière, en se fondant sur les témoignages des populations qui demandent que le nombre de militaires à Dabou soit multipliés par (n), vu la puissance de feu des assaillants qui ont attaqué et occupé cette
ville jusqu’au petit matin. Et puis, si des Frci n’ont pas hésité à passer par les armes un commissaire de Police pris dans le village où il possédait un champ d’hévéa, c’est dire combien cette zone parait dangereuse aux yeux du régime Ouattara. Au total, les différentes attaques du commando mystérieux, prises dans leurs positions géographiques, ont décrit un cercle autour du District d’Abidjan, disent des sécurocrates qui ont simplement fait parler les faits.
Barthélemy Téhin in LG Infos