« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Comment le général Dogbo Blé s’est présenté, hier, au tribunal

Voir de près le général Dogbo Blé satisferait bien leurs curiosités et elles ont fait le déplacement, ces personnes qui ne voulaient rien rater de cette première journée.
Objet donc de toutes les curiosités, l’ex-commandant de la garde républicaine est apparu affaibli. Le torse couvert d’un gilet par balle, il avait la tête recouverte d’un casque couleur vert treillis. Protégé par une cohorte de gendarmes, l’homme est descendu presque difficilement du véhicule qui a freiné sa course devant le poste de police dans l’enceinte du tribunal où il a été conduit pour les formalités d’avant procès. Démarche peu rassurante, le général Dogbo Blé a fait son entrée dans la salle d’audience peu de temps après. Flottant presque dans un costume bleu marine, cravate rouge bordeaux nouée soigneusement à une chemise bleu ciel, il prend place au box des accusés.

Avant de se présenter à la barre, l’homme dévisage les juges, les avocats, le public. Mais le regard qu’il promène lentement est sans expression. Il se mordille quelquefois les lèvres et suit, par moments, avec attention ce qui se déroule autour de lui. Même s’il garde une certaine lucidité, son visage profondément marqué laisse échapper des reflexes d’un homme peiné et qui vit les dures réalités de l’univers carcéral. A la barre, il décline son identité, dans un silence total, d’une voix qui a perdu une partie de sa solennité. Né en 1959, père de trois enfants, le général de brigade Bruno Dogbo Blé, commandant de la garde républicaine sous le régime de Laurent Gbagbo, bénéficiait d’une grande confiance de l’ex-chef de l’Etat ivoirien à qui il est resté fidèle et loyal. L’enquête de moralité réalisée le dépeint comme un bon militaire et ouvert à ses collaborateurs. Arrêté le 15 avril 2011, soit quatre jours après la chute de Laurent Gbagbo, l’ex-chef de la garde républicaine a été conduit au Nord du pays (Korhogo) pour y être incarcéré.

A.BOUABRE in Soir info

Wed, 03 Oct 2012 03:23:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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