« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Lu pour vous

Côte d’Ivoire : calme précaire à Sikensi, hostilité perceptible entre les communautés

Les communautés Abidji et Malinké se regardaient mardi avec hostilité à Sikensi (70 km d’Abidjan) où régnait un calme précaire après les affrontements du week-end de Noël qui ont fait au moins quatre morts et une quinzaine de blessés.

"Le calme est revenu, les FRCI ont quitté la ville mais les populations se regardent en chiens de faïence", a indiqué un policier de la ville joint au téléphone par Xinhua.

Arrivé lundi après-midi à Sikensi, le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, a rencontré les autorités administratives et politiques ainsi que les communautés religieuses et ethniques de la ville avant d’annoncer le départ des FRCI de la localité pour "calmer les esprits", a ajouté le policier qui estime que "la tension n’est pas vraiment tombée".

Dimanche et lundi, des affrontements impliquant des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont opposé les communautés autochtone Abidji et allogène Malinké.

A l’origine, une bagarre dans un bistrot entre un soldat FRCI et un jeune Abidji au sujet d’une fille.

Les jeunes Abidji se sont révoltés pour défendre leur camarade blessé par le soldat, tuant deux éléments des FRCI avant de dresser des barricades et brûlé des pneus sur l’axe principal menant au quartier fortement peuplé de Malinké.

La réaction des jeunes de cette communauté pour se dégager du blocus a rendu inévitable l’affrontement.

Au moins quatre personnes ont été tuées, une quinzaine d’autres blessées et des commerces et domiciles ont été saccagés ou incendiés.

Avec la visite du ministre délégué à la Défense, le calme est revenu dans la ville.

La police et la gendarmerie ont été déployées dans toute la ville, appuyées par des Casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).

Le 18 décembre à Vavoua (centre-ouest), un autre affrontement entre populations et FRCI avait causé la mort de six personnes.

Des exactions des éléments des FRCI sont régulièrement signalées dans des villes et villages du pays.

Le président Alassane Ouattara a mis en place une police militaire pour traquer les faux militaires et les éléments incontrôlés des FRCI.

Xinhua

Wed, 28 Dec 2011 03:34:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

8 heures ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

2 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.