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Côte d’Ivoire – Grande saison des pluies : Voici les mois à craindre Djè Kouakou Bernard (climatologue) : « Ce qu’il faut faire avant avril »

M. Djè, après une longue saison sèche, les pluies arrivent, précédées, de grands vents, du Centre au Sud de la Côte d’Ivoire. Est-ce normal ?

Djè K. Bernard : Oui c’est une situation normale.

La période de début de saison des pluies est toujours accompagnée de vents et d’orages.

Est-ce déjà la grande saison des pluies ?

A cette période de l’année (mars), le pays est en train de sortir de la saison sèche. La grande saison des pluies, au Sud et au Centre du pays, est à son début. Du point de vue climatologique, le début est prévu, dans la période de la mi-mars à fin avril, pour les localités allant du Littoral jusqu’au 8ième parallèle (au centre du pays) à l’exception du Sud ouest (Tabou, San Pédro et Sassandra) où le début de la saison est estimé à partir de mi-avril. Quant au Nord du pays, le début de la saison est estimé entre la fin avril et la mi-mai. La période juillet – septembre concentre le maximum de pluies dans la zone nord. La fin de la saison est estimée de mi-juillet à fin juillet pour les localités du Sud et du Centre du pays. Pour le Nord qui a seulement une saison des pluies, la fin de la saison est estimée à fin Octobre.

Quand est-ce qu’on pourrait s’attendre à une quantité élevée des précipitations ?

Pour les zones du littoral et du centre du pays, les mois de mai et de juin sont les plus pluvieux pour la première saison des pluies et septembre à octobre pour la deuxième saison des pluies. Pour le nord qui enregistre une seule saison des pluies, les quantités de pluie les plus élevées sont enregistrées entre juillet et septembre.

L’an denier, le constat général a été qu’il n’a pas trop plu. Qu’est-ce qui pourrait l’expliquer ? Tombera-t-il plus de pluie cette année ?

L’année dernière, la première saison des pluies a été moins pluvieuse dans le Sud du pays alors qu’au Centre et au Nord du pays, les quantités de pluie ont été conformes à la situation normale. A la fin de l’année, les cumuls de pluie ont été normaux sur tout le pays. Les facteurs climatiques externes comme l’état des océans et les facteurs environnementaux, pourraient expliquer le déficit pluviométrique de la première saison des pluies dans le Sud du pays. Les prévisions climatiques s’effectuent, de façon saisonnière, c’est-à-dire par pas de 3 mois, en glissant chaque fois d’un mois. Ainsi, nous pouvons donner un scénario de prévision climatique pour la saison, allant de février à avril.

La prévision du cumul des pluies élaborée dans le mois de janvier 2013 pour la période février-mars-avril 2013, montre que : les localités du Nord et du Centre seront caractérisées par des quantités de pluie proches de la normale; les localités du Sud et du Littoral, seront caractérisées par des quantités de pluie inférieures à la normale.

Que doivent faire les populations pour ne pas être inondées ou pour éviter que les habitations s’écroulent ?

Comme à l’accoutumée, à l’approche de la grande saison des pluies qui couvre avril à juillet, période où de fortes chutes sont susceptibles d’être observées notamment en mai et juin, nous conseillons : le curage des caniveaux pour permettre à l’eau de pluie de ruisseler aisément ; l’évacuation des eaux usées ; la prise de dispositions pour déplacer les populations des zones vulnérables aux inondations et aux éboulements ; etc. En tout cas, il faut prendre toutes les dispositions pour prévenir les catastrophes d’origine météorologique. Pour ce faire, il est nécessaire de consulter régulièrement les bulletins météorologiques afin de suivre les avis et alertes.

L’an dernier, pour prendre des précautions afin d’éviter des morts, il avait été installé des instruments de mesure de la quantité de pluie qui tombe, chaque jour, dans Abidjan. Combien y en avait-il et que sont-ils devenus ?

L’année dernière, dans le cadre de la prévention des inondations dans le District d’Abidjan, la Sodexam, en partenariat avec le District d’Abidjan, a installé 15 nouveaux postes pluviométriques, dont 1 dans chaque commune du district et 3 au Plateau. Ces postes de mesure ont servi à analyser les quantités d’eau tombée dans tout le District et à évaluer les risques d’inondation. Ils sont actuellement fonctionnels et vont servir encore à suivre les quantités de pluie tombées cette année, information indispensable pour évaluer les risques d’inondation dans le District d’Abidjan.

Dominique FADEGNON

In Soir Info

Mon, 11 Mar 2013 04:01:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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