“Je pense qu’il faut laisser les rumeurs mourir de leur propre poison“, a déclaré à la presse Guillaume Soro, en marge d’un Conseil de Gouvernement mardi.
Les rumeurs concernant un transfèrement du Premier ministre ivoirien trouvent leur origine dans la récente visite de la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton à Abidjan. La presse locale a cru savoir que les échanges entre le président Alassane Ouattara et la chef de la diplomatie américaine ont tourné autour de la comparution du Premier ministre et les anciens rebelles ivoiriens. Le site d’information notrevision.net a notamment publié un article intitulé : “Visite d’Hilary Clinton à Abidjan : C’est décidé, Soro et les Com’Zones en route pour la CPI“. “De sources diplomatiques américaines, Hillary Clinton a exigé à Alassane Ouattara, ni plus ni moins, que Guillaume Soro soit mis à la disposition de la CPI pour répondre de ses actes criminels commis dix ans durant, à la tête de la rébellion des Forces nouvelles“, a indiqué le site.
Les rumeurs avaient enflées à l’occasion du voyage d’Alassane Ouattara à Paris. L’absence de Guillaume Soro dans l’importante délégation ivoirienne et le long silence (environ deux semaines) de celui ci, a vite renforcé des allégations de l’imminence de son transfèrement à la Cpi. “Je suis là, sinon si j’étais à la Cpi, je serais le seul et le premier prisonnier ivoirien de la CPI qui soit revenu. Donc ce serait plutôt une bonne chose“, a indiqué Guillaume Soro, répondant aux questions des journalistes.
Il faisait ainsi allusion à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo qui a été transféré le 29 novembre à la Cpi et comparu pour la première fois le 5 décembre derniers. Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011, par les forces pro-Ouattara (composées essentiellement des anciens rebelles ivoiriens) dirigées par Guillaume Soro, avec l’aide de l’Armée française et des Casques bleus de l’ONU.
L’arrestation de Laurent Gbagbo a marqué la fin de quatre mois de crise postélectorale, soldée par deux semaines de guerre à Abidjan. L’ex-président et son rival à la présidentielle du 28 novembre 2010, s’étaient tous deux proclamés vainqueur du scrutin. Une cinquantaine de personnalités proches de l’ex-président ivoirien font l’objet de procédures judiciaires entamées par les nouvelles autorités ivoiriennes. Malgré les promesses du président Alassane Ouattara d’assurer une justice impartiale, aucun de ses proches n’a pour l’heure été épinglé. En dépit de nombreux rapports des ONG de droits de l’Homme accablant les anciens chefs rebelles.
Jean-Jorès Tah Bi in afreeknews.com