« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Côte d’Ivoire: Ouattara et l’équation du foncier

Il fallait bien qu’il affronte un jour ou l’autre l’épineuse question du foncier dont l’évocation rappelle celle de l’ivoirité, à l’origine de la poudrière identitaire qu’était devenue la Côte d’Ivoire au début de l’année 2000. C’est à l’issue de la visite d’Etat qu’il a organisée en fin de semaine dernière dans l’ouest de son pays que le président Alassane Ouattara a décidé de remettre l’équation du foncier sur la table des réformes importantes que son régime doit entreprendre dans les prochains mois.

Un projet de loi y relatif est déjà sur la table du président de l’Assemblée nationale. Et toute la Côte d’Ivoire mais aussi et surtout les ressortissants ouest-africains attendent l’ouverture des débats.

Vu du Burkina Faso, il s’agit-là d’un des plus importants dossiers qui concentre l’attention de l’importante diaspora burkinabè installée en Eburnie. Forte de plus de trois millions selon les estimations officielles, la communauté burkinabè est en première ligne de la question du foncier parce que la grande majorité de ses membres est impliquée dans la production agricole et l’exploitation forestière.

La loi sur le foncier adoptée par l’Assemblée nationale en 1998 qui stipulait que seuls les Ivoiriens pouvaient être propriétaires terriens n’a pas moins exclu cette communauté qui a fait et fait toujours les beaux jours de l’essor agricole ivoirien. Elle attend légitimement que le nouveau projet de loi contribue à corriger l’exclusion, mais aussi l’injustice faite à ces Burkinabè qui mettent la terre ivoirienne en valeur et n’en pouvaient jamais en être propriétaires.

On le sait, la loi de 1998avait été amendée en 2004, en pleine guerre civile, mais elle n’a pas pu être appliquée. La Côte d’Ivoire qui continue de panser ses plaies et peine sur la route de la réconciliation est-elle prête à aller vers une loi du foncier capable de surpasser les rancœurs du passé? Le pari est énorme. Sur le foncier, Ouattara n’a pas droit à l’erreur. Il doit faire mieux pour ne pas réveiller un brasier qui a toujours du mal à s’éteindre.

fasozine.com

Mon, 06 May 2013 21:32:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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