« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire: Terreur de «Yacou le chinois» à la Maca, l’ex-Frci condamné à 20 ans. Le curieux silence du gouvernement.

Qui protège «Yacou le Chinois» ? Cette question revient sur toutes les lèvres après les événements tragiques du week-end dernier à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan(Maca). Selon des gardes pénitentiaires interrogés hier, le mal qui ronge la Maca est profond. Puisque les décideurs sont au premier banc des accusés.
«Pourquoi deux poids deux mesures dans le traitement des détenus à la Maca ? Pendant que Yacou le Chinois communique sur son téléphone cellulaire dans la grande cour de la prison, c’est-à-dire devant tout le monde sans être inquiété par qui ce soit alors que cela est formellement interdit selon le règlement intérieur des prisons, l’on nous oblige à traquer les petits délinquants dans le pénitencier», a révélé d’emblée un agent sous le couvert de l’anonymat. Pour ces gardes, ce sont les gros bonnets du régime Ouattara qui sont les protecteurs du tristement célèbre Yacou le Chinois. «Au terme des troubles de juillet dernier provoqués par le même Yacou et qui ont occasionné des morts, 3 officiellement mais 47 au moins officieusement, notre ancien patron, le régisseur Bandama Yobouet, avait demandé le transfert de ce détenu encombrant à la prison de Dimbokro pour le corriger. Les grands patrons au niveau du ministère de la Justice se sont opposés et ont refusé de donner l’autorisation. Curieusement, au lieu du départ de Yacou pour permettre à la Maca de retrouver sa sérénité, c’est plutôt le directeur de la prison qui a été débarqué comme un malpropre et mis au garage. Même l’isolement de Yacou à la Maca a été refusé par la hiérarchie alors que tout le monde sait qu’il est extrêmement dangereux», dénoncent des gardes.
C’est dans cette ambiance de suspicion et de  délation que Yacou le Chinois et ses éléments détenus du bâtiment C, réservé aux criminels et dont il est le chef, ont poignardé d’autres prisonniers accusés d’être des «traitres» après les troubles de juillet dernier. A en croire les sources carcérales, un détenu a failli perdre un œil récemment à la suite d’une agression en pleine cour.  Coulibaly Yacouba alias Yacou le Chinois règne sur la plus grande prison du pays à la tête du puissant réseau de trafiquants de drogue qui a des ramifications à l’extérieur du pénitencier, si l’on en croit des agents. Il n’admet pas que ses geôliers restreignent sa liberté. « Samedi dernier, aux environs de 14h, Yacou recevait un visiteur au parloir, au greffe de la prison lorsque son portable s’est mis à sonner. Et un collègue a tenté de le lui arracher. Yacou s’est opposé et l’a poignardé avec son couteau. Des collègues ont accouru. Mais les gardes du corps de Yacou se sont vigoureusement opposés. Il s’en est suivi des affrontements au cours desquels nous avons fait des tirs de sommation. Dans la colère, les hommes de Yacou ont saccagé les serrures des cellules, et des prisonniers armés de couteaux et de gourdins ont tenté de s’évader. Les Frci nouvellement recrutés dans les rangs des agents pénitentiaires se sont emparés de Kalachnikovs on ne sait où, et se sont mis à tirer sur les détenus. Il y a eu des blessés graves. Deux collègues et deux détenus. A 15h, une autorité militaire, ancien Com’zone est arrivé sur les lieux, et nous a formellement interdit de  toucher Yacou le Chinois. Cela nous a définitivement convaincu de sa protection en haut lieu. Le lendemain dimanche à 9h, le même Yacou et ses hommes ont pris en otage le régisseur adjoint Alloh Joseph et d’autres agents au bâtiment C où ils étaient allés faire le décompte physique des détenus. C’est après des négociations avec la bande à Yacou que les gardes ont été libérés à midi», a fait remarquer un agent, dépité. Interrogé sur l’implication de Yacou le Chinois dans les récents troubles à la Maca, le ministre de la Justice, Gnénéma Coulibaly, a dans une interview à Fraternité Matin hier, met cela sur le compte d’une rumeur.
Il faut rappeler que Yacou le Chinois purgeait une peine de 20ans de prison ferme pour vol aggravé lorsque les ex-rebelles ont attaqué la Maca au plus fort  de la guerre postélectorale pour libérer tous les prisonniers. Yacou a alors intégré les rangs forces armées pro-Ouattara ? Le pouvoir a arrêté Yacou plus tard et l’a condamné à 20 autres années de prison ferme pour vol à main armée, en réunion et de nuit. Ajouté à la première peine de prison, Yacou le Chinois purge en ce moment 40 ans de taule dans un douillet confort à la Maca.

Didier Kéi in Notre Voie

Thu, 19 Sep 2013 23:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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